68e Festival de Musique de Menton
Du 28 juillet 2017 au 13 août 2017

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Le Festival de Musique de Menton est à ce jour l’un des plus anciens festivals de musique classique en Europe, et le deuxième plus ancien de France, après les Chorégies d'Orange (créées initialement en 1869, même si sa forme actuelle date de 1971). L’histoire même de sa création n’est d’ailleurs pas banal et a déjà de quoi susciter l’intérêt.

Tout débuta le 12 août 1949, lorsqu’André Böröcz, un artiste hongrois ayant rejoint Paris après la guerre, se rend à Menton suite à l’invitation d’un ami et décide de visiter la ville. Depuis le vieux port, il aurait apperçu une église, puis deux, se laissant guider par les ruelles de la vieille ville jusqu’à un parvis désert en hauteur, celui de la Basilique Saint Michel Archange avec sa vue absolument magnifique sur la mer Méditerranée. A cet instant, s’échappe d’une radio posée à une fenêtre le son d’un violon, celui de Jasha Heifetz qui jouait la deuxième partita pour violon de Bach. On raconte qu'alors, André Böröcz resta « figé, suspendu entre ciel et terre, absorbé par la mer, le soleil couchant, la musique le transportant ».

Cet émerveillement vécu par un homme décida du sort de ce prestigieux festival car l’artiste souhaita revivre cet instant et, surtout, en faire partager toute la magie au plus grand nombre. Ainsi naquit, en 1950, la première édition du Festival de Musique de Menton durant laquelle André Böröcz parvint déjà à réunir certains des plus illustres interprètes du moment : Robert Casadessus, Wilhelm Kempff, Marguerite Long, Aldo Ciccolini, Sviatostlav Richter, Jacques Thibaud, Issac Stern, Jean-Pierre Rampal, Mustislav Rostropovitch, Maria-Jaos Pires… En 1955, Jean Cocteau en personne assiste au festival et, « subjugué par l’onirisme intemporel du spectacle », il accepte de réaliser l’affiche de l’édition suivante. Un niveau d’excellence maintenu jusqu’au décès d’André Böröcz en décembre 1998, à Paris.

Après quelques petites années de flottement, Paul-Emmanuel Thomas, chef d'orchestre et directeur musical de l'Orchestre Classica Italiana de Turin, prend en charge la direction artistique du festival en 2012 et rétablit à son tour le niveau et les attentes instaurés par le fondateur hongrois. La continuité est ainsi assurée, ce que soulignera programmation de l'édition 2017, du 28 juillet au 13 août.

Cette dernière se compose de deux grandes séries de concerts : dix soirées « Les Grands Interprètes » sur le parvis de la Basilique Saint-Michel à 21 heures 30 ainsi que sept « Concerts au Musée » au Musée Cocteau Collection Séverin Wunderman, à 18 heures. S'ajoutent à cela des concerts gratuits dans le cadre du « Festival off » (trois concerts à l'Esplanade Francis-Palmero à 21h), sans oublier les conférences, la messe du festival, des concerts gratuits au Square des Etats-Unis et les visites guidées des lieux du festival.

Le premier concert, comme la majorité de ceux donnés dans le cadre du Festival de Menton, est instrumental : il s’agit d’un concert gratuit en pré-ouverture, sur le ton de l’humour, par le Quatuor Pagagnini, qui mêle classique et country, blues ou encore rythmes espagnols endiablés pour faire rire et découvrir autrement toutes ces musiques. Le pianiste Fazil Say se chargera pour sa part, avec le Hong Kong Sinfonietta, du concert d’ouverture le lendemain sur le parvis de la cathédrale où la vue dégagée sur la mer et le ciel ouvert se marient à une acoustique exceptionnelle grâce aux trois grands murs encadrant le reste du lieu. Parmi les autres grands musiciens prévus cette année, notons Renaud Capuçon, Edgar Moreau et David Kadouch qui se retrouveront pour deux trios, de Schubert et de Brahms, le 31 juillet, Christian Zacharias pour un programme de « Valses nobles et sentimentales », Christian Tetzlaff et Leif Ove Andsnes pour une soirée de duos violon-piano, le Quatuor Hagen rejoint par Jörg Widmann pour deux quintettes avec clarinette, le Royal Northern Sinfonia accompagné et dirigé par Lars Vogt pour une soirée Beethoven, Nelson Freire qui donne également un récital de piano riche et varié, mais aussi une soirée « Noche Tango » pour fêter les 50 ans de carrière de Juan José Mosalini.

Deux dates se distinguent cependant de ces concerts instrumentaux : le 2 août, tout d’abord, pour Le Couronnement de Poppée sous la direction de Jean-Christophe Spinosi à la tête de son Ensemble Matheus avec Emilie Rose Bry (entendue à Lyon dans les rôles de Drusilla et de Vertu), David DQ Lee dans le rôle de Nerone ou encore Anna Sohn dans ceux de Drusilla, Virtù et Pallade. Enfin, bel événement de cette programmation, le concert de clôture de la contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux qui clot officiellement les festivités par un récital en hommage à Anna Girò (de son vrai nom Anna Maddalena Tessieri), la grande mezzo-soprano italienne du XVIIIe siècle. Pour ce faire, la cantatrice interprète pas moins de onze grands airs d’opéra de Vivaldi, accompagnée par l’ensemble Orchestre Il Pomo d’Oro dirigé par Maxim Emelyanychev.

On retrouve tous les détails de la programmation 2017 du Festival de Menton sur le site officiel de l'événement.

 

"En 1949, j’ai gravi pour la première fois les marches qui m’ont fait découvrir le merveilleux Parvis Saint Michel.
Arrivé à cette piazzetta suspendue entre ciel et terre, j’ai eu un coup au coeur.

Rien n’a changé depuis, la musique s’y est juste installée. Elle se sent bien là : tout y est harmonie, joie, l’accord est parfait. Et chaque fois, quand nous arrivons là-haut, artistes et spectateurs, c’est la même sensation : celle du bonheur calme et serein.
C’est le miracle du Parvis Saint Michel et du Festival.
Il est l’une des sept merveilles du monde.
Ne me taxez pas d’immodestie, le mot est de Sviatoslav Richter"

André Böröcz

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