Dernière Traviata pour Ermonela Jaho

Xl_ermonela_jaho_la_traviata_opera_de_rome © La Traviata, Opéra de Rome

Violetta Valery a longtemps été l’un des rôles signatures d’Ermonela Jaho. Après l’avoir chanté à plus de 320 reprises depuis 1997, la soprano albanaise interprétera ce soir sa dernière Traviata à l’Opéra de Rome. 

Les prises de rôle sont souvent significatives dans les carrières de chanteuses et chanteurs d’opéra. Abandonner un rôle ne l’est sans doute pas moins, a fortiori quand il s’agit d’un rôle signature interprété à de très nombreuses reprises sur la plupart des grandes scènes lyriques. C’est néanmoins ce que va connaitre Ermonela Jaho ce soir 30 juin à l’Opéra de Rome : la soprano albanaise y chantera sa dernière Violetta dans La Traviata de Verdi.

Le rôle l’a néanmoins accompagnée tout au long de sa carrière – et même avant. Ermonela Jaho explique avoir vu sa première Traviata à l’âge de 14 ans et en avoir été si bouleversée que c’est ce rôle qui l’a ensuite incitée à se consacrer au chant, dans l’espoir de pouvoir elle-même un jour le chanter. Elle sera largement exaucée : depuis sa prise de rôle en 1997, la soprano a chanté la partition de Violetta plus de 320 fois partout dans le monde, sur les scènes du Royal Ballet and Opera de Londres, au Metropolitan Opera de New York, à l'Opéra de Paris, aux Arènes de Vérone ou encore au Teatro Real de Madrid, entre autres.

Ermonela Jaho, La Traviata à l'Opéra de Rome

Et souvent, son interprétation était saluée sur un plan vocal, mais aussi dramatique. Le rôle de Violetta était déjà au cœur du portrait qu’on lui consacrait voici plus de dix ans (« la voix idéale pour le rôle de la courtisane broyée, une voix à l’étoffe soyeuse, moirée, avec des aigus puissants et lumineux ») et en janvier dernier, alors qu’elle chantait encore Traviata à Londres, on saluait de nouveau son interprétation « empreinte d’une tendresse bouleversante, aboutissant à une incarnation du rôle d’une intense charge émotionnelle ».

Un investissement dramatique qui s’explique peut-être par les sentiments de la soprano pour le personnage qu’elle décrit comme « une femme forte qui se bat, une femme pleine d’espoir (...) tiraillée entre la société qui l’entoure et sa solitude : une société qui la juge parce qu’elle aime si intensément ». Aujourd’hui, Ermonela Jaho renonce au rôle-titre de La Traviata : « c’est très émouvant » pour la soprano, qui indique que « pour elle, chanter Violetta, c'est laisser à chaque fois une part de (s)on âme sur scène » et cette dernière interprétation à l’Opéra de Rome « est une rencontre avec Violetta qui sera, d'une certaine manière, vraiment très, très émouvante ». Selon la soprano, « ici, dans ce théâtre, je laisse une part de mon âme pour toujours ».

par

| Imprimer

En savoir plus

Commentaires

Loading