Informations générales
- Compositeur:Umberto Giordano
- Librettiste:Umberto Giordano
- Date de création:1888
- Lieu de création:Italie
- Langue originale:Italien
- Maison d'opéra de la production originale:Teatro Dal Verme
Description de l'Œuvre
En 1888, Umberto Giordano a une vingtaine d’années et est encore étudiant au Conservatoire de Naples qu’il a intégré contre l’avis de ses parents. Soucieux de faire ses preuves, il entreprend de participer au célèbre Concours Sonzogno et y présente son premier opéra, Marina, en un acte et deux tablieaux. Il ne le remporte pas (cette année-là, le prix revient au mémorable Cavalleria rusticana de Mascagni), mais cette œuvre de débutant permet néanmoins au jeune Umberto Giordano de se faire remarquer de l’éditeur de Sonzogno, qui lui reconnait d’indéniables qualités de musicien et lui commandera plus tard Mala Vita (créé en 1892 à Rome). Giordano se distinguera plus tard avec ses œuvres les plus célèbres, Andrea Chénier (1896), Fedora (1898) ou Siberia (1903).
Marina n’est jamais officiellement donné sur scène du vivant de Giordano et la partition a longtemps été considérée comme perdue – tout juste quelques extraits ont-ils été recyclés dans la partition de Mala Vita. Au début du XXIe, la partition autographe de Marina est néanmoins retrouvée par le musicologue Andreas Gies à la bibliothèque Beinecke de manuscrits et livres rares de l'université Yale, au sein de la collection Koch : elle permet non seulement de retrouver la musique de l’opéra (une édition critique de la partition est publiée à la Libreria Musicale Italiana et l'Edizione Nazionale delle Opere di Umberto Giordano), mais aussi d’en reconstituer le livret original (également perdu), grâce au texte chanté et aux didascalies (la reconstitution est due à Emanuele d'Angelo).
Fort de ce travail de recherches et de reconstitution, Marina fait finalement l’objet d’une vraie création mondiale le 12 février 2026 au Teatro Dal Verme de Milan, avec Eleonora Buratto dans le rôle-titre, aux côtés notamment du ténor Freddie De Tommaso dans le rôle de Giorgio, Mihai Damian en Lambro et Nicholas Mogg pour interpréter Daniele.
Comme les œuvres postérieures d’Umberto Giordano, Marina s'inscrit dans une dramaturgie vériste, dépeignant « une tranche de vie intense et violente sur fond de conflit serbo-monténégrin ancestral ». Le livret met en scène le personnage principal Marina, son frère Daniele, son prétendant Lambro et le jeune Serbe Giorgio, alors qu’ils sont tous emportés par les tourments de la passion, où l’amour, la jalousie et les enjeux d’allégeances idéologiques s'entremêlent jusqu’à un final tragique. Figure centrale de l’ouvrage, Marina apparait comme une femme forte, défiant à la fois la violence patriarcale de son époque et celle de la guerre, pour sauver l'homme qu'elle aime.
Musicalement, Marina fait état d’un « langage moderne et harmoniquement riche, d'une grande agilité dans son respect du texte », qui augure des œuvres de la maturité de Giordano, pleinement véristes. La structure de l’ouvrage, en un acte et deux parties, est efficace, articulée autour d’une scène d'ouverture qui esquisse l’héroïne, la fait évoluer dans son duo avec Giorgio blessé, puis au travers de scènes d'ensemble d'envergure, et jusqu’à un final fulgurant, « où la violence éclate sans retenue ».

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