Le Roi de Lahore - Le Roi de Lahore

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Description de l'Œuvre

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Jules Massenet (1842-1912) fait partie de ces compositeurs injustement rejetés par les tenants d’une modernité dont les oukases ont régenté la vie musicale durant la seconde moitié du XXème siècle. Le compositeur semble avoir achevé aujourd’hui sa « traversée du désert » qui n’a épargné que Manon (1884) et Werther (1892),  ses deux ouvrages les plus connus.
Le Roi de Lahore  est son troisième opéra et sa première création destinée au Palais Garnier. Le projet prend forme en 1872 et n’aboutit qu’au terme d’une gestation très laborieuse. Neuf ans après Bizet et ses Pêcheurs de perles (1863) et onze ans avant Delibes et sa Lakmé (1883), Massenet se lance dans la composition d’un grand opéra exotique dont l’écrivain Louis Gallet (1835-1898) lui propose le livret.

De Bizet à Delibes en passant par Massenet, l’exotisme répond au besoin d’un « ailleurs » absolu où règne une Nature exubérante, image d’une forme de sensualité inconnue en Europe. L’imaginaire du XIXème siècle se nourrit aussi bien de l’exotisme des paysages que de l’étrangeté des coutumes alliée aux mystères de la religion. Le Roi de Lahore va bénéficier de décors et de costumes somptueux lors de sa création triomphale devant le Tout-Paris.

Parmi le public enthousiaste venu acclamer les amours du roi Alim et de la prêtresse Sita, on remarque des personnalités comme le baron Haussmann, Gustave Doré ou Léon Gambetta. Bientôt, Le Roi de Lahore part à la conquête du monde ; mais son règne prend fin dans les années vingt. L’opéra aura ensuite le plus grand mal à retrouver une place dans le répertoire malgré une belle production comme celle de Vancouver en 1977 avec la grande soprano Joan Sutherland dans le rôle de Sita.
Pourquoi est-il urgent de redécouvrir cette oeuvre trop longtemps oubliée ? Massenet y fait déjà preuve de beaucoup de talent. On y mesure son sens de l’efficacité dramatique et sa maîtrise des tableaux spectaculaires, élément essentiel de l’esthétique du « Grand Opéra » français. On apprécie son art de l’orchestration et la souplesse de son écriture vocale qui lui permet de caractériser chacun de ses personnages. Le Roi de Lahore offre quatre rôles aux belles opportunités vocales, mais aussi des chœurs et des scènes dansées brillamment composés. La séduction opère d’emblée grâce à un exotisme musical des plus subtils. Le duo final du second acte comme l’air de Scindia au quatrième acte : « Promesse de mon avenir », témoignent de l’étonnant instinct musical qui guide Massenet dans la peinture des passions humaines.

Résumé

Au XIème siècle, le roi Alim règne sur le royaume de Lahore menacé par les envahisseurs musulmans. Un amour réciproque mais sacrilège unit secrètement  le souverain à la prêtresse Sita que convoite de son côté le premier ministre Scindia. Ce dernier dénonce les amants et contraint le roi à aller combattre l’envahisseur pour expier son amour défendu. Scindia profite de la confusion des combats pour frapper Alim qui meurt dans les bras de Sita. Après s’être emparé du pouvoir, Scindia contraint Sita à l’épouser tandis que, au paradis d’Indra, Alim a obtenu de revenir sur terre comme simple mendiant en acceptant de mourir à nouveau avec celle qu’il aime passionnément. Alim réapparaît vivant à la stupeur générale. Il espère pouvoir prendre la fuite avec Sita mais Scindia s’interpose. Pour échapper définitivement  à Scindia, Sita se suicide et Alim la suit dans la mort. Les amants montent au paradis d’Indra où ils sont réunis pour l’éternité.

Acte 1

Le grand prêtre Timour rassure les fidèles qui se pressent devant le temple d’Indra pour implorer son secours face aux envahisseurs musulmans. Scindia, le premier ministre du roi, vient demander à Timour de rompre les vœux de Sita, une prêtresse dont il est amoureux. Mais Timour lui répond que seul le roi a ce pouvoir.  Scindia propose néanmoins à Sita de l’épouser. La jeune fille est troublée car elle attirée par un inconnu qui lui rend visite au temple. Dépité par l’attitude de Sita, Scindia se venge en la faisant accuser publiquement d’avoir profané le temple. Soudain le roi Alim apparaît et révèle qu’il est le mystérieux inconnu dont la prêtresse est tombée amoureuse. Timour déclare que le roi doit partir combattre le sultan Mahmoud pour expier cet amour sacrilège. Alim part au combat tandis que Scindia rumine sa vengeance. 

Acte 2

Les bruits du combat qui fait rage effraient Sita, réfugiée dans le campement du roi. Bientôt, on voit surgir Scindia au milieu des soldats en pleine déroute. Scindia annonce la mort du roi Alim et demande à tous ses hommes de se rallier à lui pour regagner Lahore. Mais Alim a seulement été blessé et il tente en vain de reprendre le contrôle de ses troupes en faisant appel à leur loyauté. Scindia triomphe en hurlant sa haine et sa jalousie et Alim comprend que c’est lui qui l’a traîtreusement frappé, au cœur de la bataille. Abandonné de tous, le roi meurt dans les bras de Sita qui est la seule à lui rester fidèle. Puis les hommes de Scindia s’emparent de la jeune fille. 

Acte 3

Dans le paradis d’Indra, sur le mont Mérou, au cœur du luxuriant jardin des bienheureux, les âmes heureuses goûtent un bonheur extatique. Les danses s’arrêtent au moment où survient une âme souffrante. C’est le roi Alim qui voudrait échanger « dix siècles d’enfer pour une autre existence » auprès de Sita. Indra consent à réaliser son souhait si Alim accepte de devenir un pauvre mendiant dont le sort sera éternellement lié à celui de Sita. Ils devront mourir ensemble. Alim accepte avec joie. 

Acte 4

Sita est prisonnière de Scindia qui la retient au palais pour la contraindre à l’épouser. Alim se réveille sur la grande place de Lahore. Il cherche à rejoindre Sita tandis que passe le cortège de Scindia qui vient d’être couronné. La foule découvre Alim avec stupeur. Comment ce mendiant peut-il ressembler ainsi au roi défunt ? Alim révèle qu’il est bien le roi venu reprendre Sita. Scindia ordonne qu’on arrête celui qui lui semble être un imposteur mais Timour s’interpose et protège Alim en le désignant comme un illuminé, protégé des dieux.

Acte 5

Sita prie devant l’autel d’Indra : elle supplie de lui accorder la grâce de  mourir avec Alim. Ce dernier surgit alors devant elle et les deux amants pensent pouvoir fuir par un passage secret. Hélas, Scindia se dresse entre eux et s’empare de la jeune fille. Pour lui échapper, Sita se suicide, entraînant Alim avec elle dans la mort. Impuissant, Scindia assiste à leur union éternelle. 

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