La Khovantchina - La Khovantchina

Informations Description
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Informations générales

  • Compositeur :Modest Petrovich Moussorgski
  • Librettiste :Vladimir Stassov
  • Année de création :1886
  • Lieu de création :Russie, fédération de
  • Nombre d'acte :5
  • Langue originale :Russe
  • Maison d'opéra de la production originale :Mariinsky Theatre

Description de l'Œuvre

Description Acte 1 Acte 2 Acte 3 Acte 4 Acte 5

La Khovanchtchina, nom donné à la révolte des Princes Khovanski, devait constituer après Boris Godounov (1874), le deuxième volet d’une trilogie d’opéras historiques dont le dernier ne fut jamais composé. L’entreprise était comparable à celles de Verdi et Wagner à une époque où l’opéra, art synthétique et populaire, avait aussi  pour ambition de fonder l’identité nationale. La Khovanchtchina est une grande fresque épique pleine de fureur et de passions dans laquelle se joue le destin d’un peuple déchiré entre slavophiles et admirateurs de l’Occident, combat dont les lointains échos retentissaient encore dans le monde musical du XIXème siècle ! Le livret fut écrit par Moussorgski d’après un ensemble de documents historiques relatifs aux événements qui ont jalonné la transformation de la vieille Russie par le redoutable modernisateur que fut Pierre le Grand. Avec un sens dramatique très sûr et sans véritable souci d’exactitude historique, le compositeur condense sept années d’agitation et de trahison (1682-1689) en une progressive et inéluctable marche au supplice de tous les protagonistes voués à l’élimination en vertu de l’implacable nécessité qui préside aux grands bouleversements de l’histoire. Trois personnages exceptionnels, Marfa, Dossiféï et Khovanski, unis par leur commun attachement à la cause de la vieille Russie, sont les protagonistes d’affrontements politiques et religieux qui sont les derniers soubresauts d’un univers sur le point de disparaître au profit de l’énergique reprise en main opérée par Pierre le Grand. Cette œuvre impressionnante que Moussorgski appelait « drame populaire musical » voit se succéder à un rythme haletant les confrontations spectaculaires, les complots, les envolées mystiques portées par la puissance du chant liturgique orthodoxe, jusqu’à la terrible fin du suicide collectif par le feu purificateur.
De tempérament mystique, Moussorgski a mis beaucoup de lui-même dans son dernier opéra éclairé par la lumière crépusculaire de la Vieille-Russie croyante. Une abondante correspondance permet de suivre la composition de l’ouvrage qui débuta en 1872 pour s’interrompre prématurément en 1881 à la mort du compositeur. La Khovantchina fut officiellement donnée en 1911 dans une version achevée par Rimsky-Korsakov et dans une mise en scène du grand Chaliapine qui donna une interprétation légendaire du personnage de Dossiféï, le chef des vieux-croyants. Chostakovitch réalisa une autre version en 1959 considérée comme plus fidèle à la musique de Moussorgski mais dont l’orchestration  paru trop moderne pour qu’elle puisse s’imposer durablement.

Résumé

À la fin du XVIIème siècle, avant l’accession au trône de Pierre le Grand, le Prince Ivan Khovanski, chef des «  Streltsy » (archers qui sont constitués en armée) veut s’allier aux Vieux-Croyants pour perpétrer un coup d’état destiné à mettre fin aux réformes impériales en plaçant son propre fils, le Prince Andréï Khovanski, à la tête du pays. Emeutes, assassinats, complots machiavéliques vont opposer trois clans déterminés à l’emporter à tout prix : le parti des réformateurs représenté par le Prince Galitsine ; la coalition familiale des féodaux séditieux, les Princes Khovanski ; et le groupe des fanatiques religieux incarnés par leur intransigeant chef, Dossiféï. Tout s’achèvera tragiquement par un spectaculaire suicide collectif.

Acte 1

À l’aube, sur la Place Rouge, tandis que les Streltsy se vantent de leurs exactions, le boyard Chaklovity ordonne à un écrivain public de rédiger sous le sceau du secret une lettre anonyme destinée à la tsarine Sophie. Il entend dénoncer les deux Princes Khovanski qui fomentent une révolte contre l’Etat avec l’aide des Vieux-Croyants. Arrive Ivan Khovanski, qui se fait acclamer par ses fidèles et redoutables Streltsy, prêts à le soutenir dans sa tentative de soulèvement. Une jolie allemande, Emma, cherche à échapper à Andréï, le fils d’Ivan Khovanski, qui a tué le père de celle-ci et exilé son fiancé. Marfa, son ancienne maîtresse devenue mystique, s’interpose au péril de sa vie pour sauver Emma dont la beauté retient bientôt aussi l’attention du père d’Andréï, Ivan Khovanski. Le fils préfère alors poignarder la jeune fille plutôt que de la confier à la garde des Streltsy comme l’exige son père. Dossiféï, chef des Vieux-Croyants, parvient à ramener le calme en mettant Emma sous la protection de Marfa.

Acte 2

Conseiller impérial et ancien amant de la tsarine Sophie dont il redoute l’ambition, le Prince Golitsyne a convoqué Marfa pour qu’elle lui prédise l’avenir. Elle lui annonce sa disgrâce suivie de l’exil. Furieux, il ordonne qu’on la noie dans les marais. Ivan Khovanski arrive alors pour faire de durs reproches à Golitsyne qu’il accuse de vouloir moderniser le pays en trahissant l’alliance des conjurés de la « khovantchina ». Les deux Princes s’invectivent violemment. Dossiféï tente alors de les réconcilier au nom de l’intérêt de la Vieille Russie. Mais Golitsyne ne peut s’y résoudre. Marfa revient annoncer qu’elle a échappé à son assassin, sauvée par les soldats du jeune Tsar Pierre arrivé à Moscou. Le boyard Chaklovity prévient que le Tsar fait rechercher Ivan Khovanski, désormais accusé de complot.

Acte 3

Près de Moscou, dans le faubourg des Streltsy, Marfa se lamente sur son amour perdu. Dossiféï lui conseille de consacrer désormais toute son énergie à la lutte engagée pour sauver la Vieille Russie. L’écrivain public accourt en annonçant que les mercenaires de Pierre massacrent les femmes et les enfants des Streltsy. Le Prince Ivan préfère ne pas contre-attaquer et choisit d’attendre.

Acte 4

Dans sa résidence, le Prince Ivan se divertit au spectacle de ses esclaves persanes. Il refuse de prendre en compte les avertissements d’un envoyé du Prince Golitsyne. Le boyard Chaklovity parvient à le persuader de venir participer au Conseil de la Tsarine Sophie. Il est  traîtreusement poignardé au moment de partir. A Moscou, Marfa prévient Dossiféï que le Conseil a décidé l’extermination des Vieux-Croyants. Le Prince Golitsyne part en exil tandis qu’Andréï, toujours à la recherche d’Emma, menace Marfa et appelle les Streltsy à la vengeance. Ils arrivent en une sinistre procession de condamnés destinés à suivre dans la mort leur chef, le Prince Ivan. Ils sont graciés in extremis par le Tsar Pierre. Marfa entraîne alors Andréï pour le cacher.

Acte 5

Les Vieux-Croyants, persécutés, se sont rassemblés une dernière fois dans leur ermitage. Leur cause est définitivement perdue et ils préparent un bûcher pour s’immoler avant la venue des soldats de Pierre. Au moment du sacrifice, Marfa rappelle son amour à Andréï qui pense toujours à Emma. Tous les fidèles se jettent dans le feu sous le regard horrifié des troupes du Tsar qui arrivent.

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