Licenciements et report de production au Metropolitan Opera

Xl_metropolitan-opera © Metropolitan Opera

Le Metropolitan Opera espérait un apport financier significatif de l’Arabie Saoudite. L’accord tarde à se concrétiser, l’institution new-yorkaise est donc contrainte à des mesures d’économies : des licenciements, des réductions de salaires et le report de l’une de ses productions de la saison prochaine. 

Depuis maintenant plusieurs années, le Metropolitan Opera de New York fait face à des difficultés financières. Elles ont aujourd’hui des conséquences très concrètes : l’institution new-yorkaise confirme avoir dû procéder à des licenciements, des réductions de salaires de ses cadres les mieux rémunérés et au report d’au moins l’une de ses prochaines nouvelles productions.

La décision fait suite aux « inquiétudes » nourries par Peter Gelb, le directeur général du Met Opera, quant à l’accord conclu l’été dernier par son institution avec l’Arabie Saoudite. Pour mémoire, les Saoudiens devaient subventionner le Metropolitan Opera à hauteur d’un montant évalué entre 100 à 200 millions de dollars sur huit ans, notamment en échange de trois semaines de résidence des musiciens du Met chaque hiver à l'Opéra royal de Diriyah, près de Riyad. L’accord devait pérenniser les finances de l’institution new-yorkaise « pendant plusieurs années ». Il s’avère aujourd’hui que la signature du partenariat se fait attendre. Dans les colonnes du New York Times, Peter Gelb dit « comprendre que les Saoudiens aient dû revoir leurs budgets à la baisse en raison de leurs propres difficultés économiques » et s’il indique avoir été « assuré que le projet se concrétisera », il dit aussi « attendre depuis un certain temps ».

Coupes budgétaires et report de production

Face à l’incertitude, l’établissement est manifestement contraint à des mesures d’économies, au milieu de l’exercice financier en cours. Concrètement, 22 des 284 salariés administratifs de l’établissement (pour un total de 3000 collaborateurs) seront licenciés. Quelque 35 cadres rémunérés plus de 150 000 dollars par an subiront aussi des réductions de salaire de 4% à 15% selon les profils – Peter Gelb (rémunéré 1,4 millions en 2024) ou Yannick Nézet-Séguin (qui touche un peu plus de deux millions de dollars par an pour son rôle de directeur musical du Met mais aussi pour les concerts qu’il dirige) sont concernés par ces mesures d’économies. Selon Peter Gelb, les réductions ont néanmoins vocation à être temporaires, et devraient être suspendues d’ici août 2027 si la situation financière de l’établissement s’améliore.

Le Metropolitan Opera est aussi contraint de reporter l’une de ses productions de la saison prochaine, La Khovantchina de Moussorgski qui devait être donnée dans la mise en scène de Simon McBurney étrennée au Festival de Pâques de Salzbourg l'année dernière, et dirigée par Esa-Pekka Salonen. Le Met proposera donc un total de 17 productions au lieu de 18 envisagées initialement pour la saison prochaine – contre environ 25 lors des années fastes, avant la pandémie de Covid-19.

Selon un porte-parole du Met interrogé par le Guardian, ces mesures devraient permettre au Met d’économiser environ 15 millions de dollars d’ici à la fin de saison, et 25 millions supplémentaires la saison prochaine. Pour redresser les comptes de l’institution sans rogner sur la qualité artistique des productions, Peter Gelb explore également des pistes alternatives de financements : l’établissement pourrait monétiser les droits d’utilisation de sa dénomination sociale ou mettre en vente les deux peintures murales réalisées par Marc Chagall au Met – l’accord devrait néanmoins prévoir un maintien des décors dans l’enceinte de l’établissement.

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