Kirsten Flagstad

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Informations générales

  • Nom :Flagstad
  • Prénom :Kirsten
  • Date de naissance :12/07/1895
  • Date de mort :07/12/1962
  • Nationalité :Norvège
  • Tessiture :Soprano

Biographie

La soprano norvégienne Kirsten Flagstad s’impose comme une référence absolue quand il s’agit d’évoquer les grandes sopranos dramatiques wagnériennes. Certains n’ont pas hésité à la qualifier de « voix du siècle » tant l’ampleur, l’homogénéité et le rayonnement de sa voix étaient exceptionnels. Mais si les ressources de cet instrument unique semblaient presque infinies, la chanteuse savait aussi en user avec une précision et une musicalité parfaites qui lui permettaient de se plier à la rigueur du lied ou à la subtilité d’un legato et de pianissimi dans la plus stricte tradition belcantiste. Avec Birgit Nilsson (1918-2005), Kirsten Flagstad fut la plus célèbre Isolde du XXème siècle. Elle incarnait parfaitement l’héroïne de Richard Wagner, passant des imprécations de la révolte à la féminité la plus sensuelle, jusqu’à la transfiguration finale à travers la mort, qui se chante dans le registre de l’évanescent, puis culmine dans le pianissimo du ravissement extatique. Grâce à son timbre somptueux et dense, alliant l’intensité à la majesté, Kirsten Flagstad rendait palpable l’exaltation d’Isolde au seuil de la mort comme en témoigne encore pour l’auditeur du XXIème siècle un enregistrement légendaire, dirigé par Wilhelm Furtwängler, en 1952, soit juste un an avant que la chanteuse ne donne sa dernière représentation au Nouveau Théâtre d’Oslo, en Didon dans Didon et Enée de Purcell.

Kirsten Flagstad est née le 12 juillet 1895, à Hamar, en Norvège, dans une famille de musiciens. Son père est chef d’orchestre et sa mère pianiste lui donne ses premières leçons de musique alors qu’elle n’a que six ans. A dix ans, la fillette reçoit un cadeau d’anniversaire prémonitoire puisqu’il s’agit de morceaux choisis de Lohengrin ! Cette précoce découverte de Wagner ressemble déjà à une révélation puisque Kirsten Flagstad entame très vite de solides études de chant à Oslo et à Stockholm. En 1913, tout juste âgée de dix-huit ans, elle débute au Théâtre national d’Oslo, avec un rôle secondaire dans Tiefland, un opéra d’Eugen d’Albert. Durant la vingtaine d’années qui suit, la jeune femme mène essentiellement sa carrière en Scandinavie, tout en se consacrant à sa vie de famille. Rien ne semble devoir propulser vers les sommets d’une gloire internationale cette chanteuse norvégienne, mariée à 24 ans et rapidement mère d’une petite fille. Kirsten Flagstad se produit dans des opéras mais aussi dans des opérettes, des comédies musicales et même des revues de music-hall ! En 1929, elle chante sa première Elsa à Oslo. Cette prise de rôle dans Lohengrin attire l’attention sur elle au moment où elle se verrait bien arrêter sa carrière pour goûter une vie paisible aux côtés de son second époux, le riche homme d’affaires Henry Johansen. Pourtant, Kirsten Flagstad continue de fréquenter les studios d’enregistrements depuis 1914 ; dans les années 1920 et 1930, elle enregistre de nombreux airs d’opéra et des mélodies qui contribuent à mieux la faire connaître.


Kristen Flagstad

Singuliers débuts pour une chanteuse appelée à devenir « la voix du siècle » ! Heureusement, en 1932, le soir où elle aborde sa première Isolde au Théâtre national d’Oslo, il y a dans la salle la soprano suédoise Ellen Guldbranson. Cette dernière est éblouie par la prestation de Kirsten Flagstad et elle persuade Winifred Wagner, qui dirige alors le Festival de Bayreuth, d’auditionner cette étonnante Isolde. Kirsten Flagstad est immédiatement engagée pour la saison 1933 et elle commence par deux rôles secondaires, une Walkyrie et la Troisième Norne, avant de revenir l’année suivante, pour chanter Sieglinde et Gutrun. En cet été 1934, elle est également repérée par le directeur du Metropolitan Opera de New-York où elle fait sa première apparition le 2 février 1935 en Sieglinde. C’est un immense triomphe encore amplifié par la captation de la représentation diffusée à travers les Etats-Unis et le Canada. La grande soprano Geraldine Farrar (1882-1967), qui assure le commentaire de la soirée, proclame sur les ondes : « Une étoile est née ! ». Du jour au lendemain, au seuil de la quarantaine, Kirsten Flagstad s’impose comme le plus grand soprano wagnérien de sa génération. Les New-Yorkais l’acclameront chaque saison jusqu’en 1941 dans tous les rôles phares écrits par Wagner. Après Sieglinde, viendront Brünnhilde, Elsa, puis Elisabeth dans Tannhäuser, Senta dans Le Hollandais volant et Kundry dans Parsifal. La chanteuse fera une seule exception à ce programme, en 1936, avec Fidelio, l’unique opéra de Beethoven. Kirsten Flagstad est aussi présente à Chicago ou encore à l’Opéra de San Francisco qui parvient à la programmer pour deux soirées aux côtés de l’autre grande soprano wagnérienne du moment, Lotte Lehmann. Hollywood s’intéresse aussi à celle que l’on surnomme la « voix du siècle » : on lui propose de tourner le fameux cri de ralliement des Walkyries pour l’anthologie « The Big Broadcast of 1938 ».     

Kirsten Flagstad triomphe sur toutes les grandes scènes américaines et européennes. On peut l’entendre au Covent Garden de Londres ou au Staatsoper de Vienne mais, au printemps 1941, la chanteuse décide de regagner la Norvège occupée par les Allemands pour se rapprocher de son mari qui est malade. Bien qu’elle ait constamment refusé de chanter pour l’occupant, elle est sérieusement inquiétée à la Libération en raison de la proximité de son époux avec les milieux d’extrême-droite favorables à l’occupation nazie. Incarcéré pour collaboration, son époux décède en 1946. Après avoir été lavée de tout soupçon par la justice en 1949, Kirsten Flagstad reprend sa carrière en Europe où elle est toujours accueillie par un public enthousiaste, mais il n’en va pas de même aux Etats-Unis qui lui réserveront longtemps un accueil très froid assorti de violentes critiques. Heureusement, le parcours discographique de Kirsten Flagstad continue à s’enrichir. En 1950, elle est ovationnée au Royal Albert Hall de Londres, lors de la création posthume en Angleterre des Quatre derniers lieder de Richard Strauss sous la direction de Wilhelm Furtwängler. Le compositeur avait lui-même émis le souhait que Kirsten Flagstad soit la première interprète de son œuvre ultime.

En 1951, le nouveau directeur du Met, Rudolf Bing, programme le retour de Kirsten Flagstad dans Tristan et Isolde, le Ring et Fidelio. C’est un immense succès et le souvenir des années sombres est enfin balayé. Si la chanteuse est heureuse de retrouver la ferveur du public new-yorkais, elle estime qu’à cinquante-six ans, elle n’a plus l’âge d’incarner Isolde ou Brünnhilde et le 1er avril 1952, elle fait ses adieux au Met, dans Alceste de Gluck. En 1953, la chanteuse apparaît pour la dernière fois au nouveau Théâtre d’Oslo en Didon dans Didon et Enée de Purcell. Elle se retire de la scène « pas pour la voix, pour les jambes », comme elle le souligne elle-même ; car malgré les années, sa voix est intacte et toujours rayonnante dans sa plénitude inentamée. Kirsten Flagstad continue ensuite à se produire à la radio et en concert, malgré de fréquentes hospitalisations nécessitées par la progression d’un cancer des os. En 1958, elle est nommée à la tête du nouvel Opéra national norvégien. Deux ans plus tard, sa santé se détériore et elle doit démissionner. Elle s’éteint le 7 décembre 1962 laissant une discographie jalonnée d’enregistrements de référence, précieuse consolation pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance de l’entendre sur scène.

Catherine Duault

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