Rencontre avec Dominique Meyer, directeur (heureux) de l'opéra de Vienne

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En septembre 2010, après avoir officié quelques années au Théâtre des Champs Élysées, Dominique Meyer prenait ses fonctions d’intendant du Wiener Staatsoper – et manifestement, la douceur viennoise sied à la bienveillance et la quiétude qui se dégagent de Dominique Meyer. De passage à Paris, il acceptait récemment de répondre à nos questions pour évoquer tantôt les spécificités de l’établissement viennois, tantôt ses méthodes ou ses projets.

Car contrairement à bon nombre d’autres grandes maisons d’opéra et malgré ses 400 levés de rideau chaque année, le Wiener Staatsoper enregistre des taux de fréquentation record – plus de 99% de billets proposés à la vente trouvent preneurs, grâce à l’engouement des viennois pour l’opéra mais aussi des mélomanes étrangers (pour 30% du public de l'établissement), que ce soit les meilleures sièges de la maison ou ses « places debout » permettant d’assister à une production pour seulement quelques euros (de quoi à la fois démocratiser l’art lyrique et fidéliser les spectateurs boulimiques).

Et si le public viennois se montre fidèle à son Opéra National, la programmation de Dominique Meyer évolue aussi. Evidemment, l’établissement s’appuie sur le grand répertoire et sa capacité à attirer les plus grandes voix : on attend par exemple le Trouvère, en février prochain, qui réunira Anna Netrebko, Ludovic Tézier, Roberto Alagna et Luciana D’Intino ; on évoque aussi déjà la nouvelle production de Die Frau ohne Schatten, prévue en 2019 pour le centenaire de la création de l’œuvre de Strauss en 1919, avec Jonas Kaufmann et Nina Stemme, dirigée par Christian Thielemann et qui devrait être mise en scène par Alvis Hermanis.
Mais Dominique Meyer affiche aussi la volonté d’ouvrir ce répertoire. D’abord à la musique ancienne en poursuivant le cycle Christoph Willibald Gluck – en octobre, on pourra par exemple assister à Armide, interprétée par Gaëlle Arquez, avec Marc Minkowski au pupitre. Mais aussi ensuite en laissant davantage de place aux œuvres contemporaines (l’Opéra de Vienne a ainsi donné The Tempest de Thomas Ades, puis les Trois Sœurs de Peter Eötvös avec notamment Aida Garifullina, en troupe dans l’établissement, l’une et l’autre œuvres dirigées par leur compositeur), voire aux créations puisque Dominique Meyer indique avoir commandé trois nouveaux opéras à des compositeurs afin que le Wiener Staatsoper contribue aussi à l’enrichissement du répertoire opératique. Autant de sujets (avec quelques autres) qu'il développait lors de notre entretien. 

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