Poliuto - Poliuto

Informations Description
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Informations générales

  • Compositeur :Gaetano Donizetti
  • Librettiste :Salvatore Cammarano
  • Année de création :1848
  • Lieu de création :Italie
  • Nombre d'acte :3
  • Langue originale :Italien
  • Maison d'opéra de la production originale :Teatro di San Carlo

Description de l'Œuvre

Description Acte 1 Acte 2 Acte 3

Gaetano Donizetti (1797-1848) a longtemps pâti de la réputation de facilité que lui ont value l’abondance et l’éclectisme de sa production lyrique. Il a composé plus de soixante-dix opéras, c’est-à-dire plus que Rossini et Bellini réunis, en s’illustrant dans tous les genres : opera buffa, seria, semiseria, grand opéra à la française... Cette frénésie créatrice s’intensifia après l’éclatant succès qu’il remporta en 1830 avec Anna Bolena. Comment concilier quantité et qualité dans cet étourdissant tourbillon de commandes et de voyages à travers l’Italie ? Poliuto, adaptation de la célèbre tragédie de Corneille, Polyeucte (1641),est à mettre au nombre de ces œuvres de Donizetti qui, malgré de magnifiques pages, ont quelque peu disparu du répertoire, éclipsées par la réussite de l’Elixir d’amour (1832), Maria Stuarda (1834) ou Lucia di Lammermoor (1835).
Des événements tragiques et des difficultés professionnelles entourent la création de Poliuto qui sera le dernier opéra écrit par le compositeur pour le San Carlo de Naples. Après la mort de ses parents (1836), puis de sa femme (1837), Donizetti, très affecté, voit sa carrière napolitaine compromise. Il est écarté de la direction du Conservatoire. Et Poliuto est brutalement interdit par un décret du roi Ferdinand II qui considère l’œuvre « sacrilège ». Donizetti se décide à quitter Naples pour Paris où il souhaitait depuis longtemps s’illustrer. Le 10 avril 1840, il présente une version française de Poliuto, devenu Les Martyrs. Il faudra attendre sept mois après la mort du compositeur, qui s’éteint le 8 avril 1848, pour que Poliuto soit enfin donné mais sous une forme composite. On préfère aujourd’hui revenir à la version italienne originale.

Un événement tragique s’ajoute à ces circonstances. C’est pour un célèbre ténor français, Adolphe Nourrit (1802-1839), que Donizetti a choisi de confier à Salvatore Cammarano l’adaptation de la pièce de Corneille. Créateur des plus grands rôles de Rossini, de Meyerbeer ou encore d’Auber,  Nourrit fut le plus grand ténor de l’époque romantique. Soudain éclipsé par un rival, Gilbert-Louis Duprez (1806-1896), il part à Naples où il espère pouvoir reprendre confiance avec le soutien de Donizetti qui lui offre le rôle de Poliuto. L’interdiction de l’ouvrage est une immense déception pour le chanteur. Très fragile psychologiquement, il se suicide en se jetant par la fenêtre le 8 mars 1839.

Donizetti souhaitait aborder le grand opéra à la française avec Poliuto. C’est pourquoi on y trouve à la fois les déchirements intimes d’un triangle amoureux traditionnel et de grands enjeux politiques et religieux. L’ouvrage comporte une ouverture dont l’originalité est d’être interrompue par un chœur. Il faut aussi signaler le deuxième acte qui se referme sur un somptueux final. Un magnifique duo entre Pauline et Polyeucte orne le dernier acte où se fondent drame passionnel et dimension spectaculaire. Une production remarquable eut lieu en 1960 à la Scala de Milan avec Maria Callas et le ténor Franco Corelli.

Résumé

Polyeucte s’est converti à la nouvelle religion chrétienne ce qui met sa vie en danger. Il soupçonne sa femme, Pauline, de lui être infidèle. En réalité, la jeune femme résiste à l’amour de celui qu’elle a aimé autrefois et qu’elle croyait mort, Sévère. Ce dernier, revenu pour persécuter les chrétiens, proposera en vain son secours à Pauline qui, touchée par la grâce, préfèrera affronter le martyre aux côtés de Polyeucte.

Acte 1

Dans les catacombes de Mélitène, Polyeucte au milieu des chrétiens en prière (« O dio tutelare »), s’apprête à recevoir le baptême. Le comportement troublant de sa femme Pauline suscite sa jalousie. Néarque, le chef des chrétiens, s’emploie à dissiper ses soupçons. Pauline, qui soupçonne Polyeucte de vouloir se convertir au nouveau culte chrétien, vient chercher son mari dans les catacombes. Néarque la supplie de ne rien révéler de la conversion de Polyeucte car la vie des chrétiens est menacée. Pauline se laisse gagner par la ferveur des chants (« Di quai soavi lagrime ») mais on annonce l’arrivée de celui qu’elle a aimé autrefois et qu’elle croyait mort, Sévère. En tant que nouveau proconsul, sa mission est de combattre les chrétiens, mais il aime toujours Pauline.

Acte 2

Pauline rencontre Sévère dans la maison de son père Félix, le gouverneur de la ville. La jeune femme résiste aux avances de son ancien amant, mais Polyeucte a été prévenu de cette entrevue par le fourbe Callisthène. Le mari est maintenant faussement convaincu de la trahison de sa femme (« Fu macchiato l’onor mio »). Néarque a été arrêté et Sévère veut le soumettre à la torture pour connaître le nom des nouveaux convertis. Polyeucte préfère se dénoncer lui-même et il est immédiatement condamné à mort. Pauline se jette aux pieds de Sévère pour obtenir sa grâce. Polyeucte la répudie et renverse la statue de Jupiter.

Acte 3

Le peuple, dont la haine est excitée par Callisthène (« Alimento alla fiamma »), s’apprête à assister au martyre des chrétiens. Pauline va voir Polyeucte dans sa prison. Elle clame son innocence et révèle que Callisthène a voulu abuser d’elle autrefois. Elle supplie en vain Polyeucte de renoncer à sa foi chrétienne (« Ah ! Fugi da morte »). Pauline, touchée la constance de son mari, décide de suivre les chrétiens au supplice : elle marche à leur suite vers les bêtes féroces, sans écouter les objurgations de Sévère.

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