La Vestale - La Vestale

Informations Description
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Informations générales

  • Compositeur :Gaspare Spontini
  • Librettiste :Etienne de Jouy
  • Année de création :1807
  • Lieu de création :France
  • Nombre d'acte :3
  • Langue originale :Français
  • Maison d'opéra de la production originale :Opéra National de Paris Palais Garnier

Description de l'Œuvre

Description Acte 1 Acte 2 Acte 3

 « Une ‘Norma’ néoclassique avec une fin heureuse » :c’est ainsi que le cinéaste Luchino Visconti qualifiait La Vestale de Spontini (1774-1851) qu’il mit en scène à la Scala de Milan en 1954 avec Maria Callas dans le rôle-titre. Il est indéniable que La Norma (1831) de Bellini s’inscrit dans le sillage de La Vestale. Ces deux œuvres ont en commun le même style et le même ressort dramatique, un vainqueur romain nourrit un amour interdit et sacrilège pour une femme liée par des vœux religieux. Après avoir connu un immense succès à sa création le premier ouvrage que Spontini compose pour l’Opéra de Paris, disparaît peu à peu des scènes lyriques pour connaître une  éclatante résurrection grâce à la mémorable interprétation de Maria Callas. Régine Crespin, Renata Scotto ou Montserrat Caballé furent elles aussi de remarquables Julia, cette touchante héroïne pleine de noblesse qui avait tout pour séduire le public du début du XIXème siècle et bien au-delà.
Pourtant Victor-Joseph-Etienne de Jouy s’était d’abord vu refuser son livret par Boieldieu, Cherubini et Méhul ! Puis, d’interminables répétitions se prolongeant sur une année entière avaient conduit Spontini à remanier sans cesse sa partition dont l’exécution avait été jugée trop difficile. Bénéficiant de la protection de l’Impératrice Joséphine et de la considération de Napoléon 1er,  Spontini partage avec son compatriote Lully le privilège d’avoir su donner une nouvelle impulsion à l’opéra français. Dépassant les limites de la virtuosité qui caractérisait le style bel cantiste italien, le compositeur renoue avec l’atmosphère grandiose de la tragédie lyrique chère à Gluck en dessinant les contours du Grand opéra français. La Vestale se caractérise par une intrigue d’une grande efficacité organisée autour d’un personnage attachant dont les émotions donnent lieu à de magnifiques monologues d’une grande intensité dramatique.
Associant la majesté du style classique à des effets scéniques et musicaux annonçant l’exubérance romantique, l’ouvrage suscita l’enthousiasme de Wagner et de Berlioz qui admirait dans l’Acte II « un crescendo gigantesque ». La présence de « leitmotiv », le rôle prépondérant de l’orchestre comme la continuité dans l’enchaînement des scènes influencèrent les conceptions de Wagner et de tous les compositeurs romantiques. Ouvrage de transition assurant le passage de la tragédie lyrique du XVIIIème siècle au grand opéra du XIXème siècle, La Vestale doit sa pérennité à la fascination qu’a toujours exercée le rôle-titre sur les cantatrices. Les plus grandes peuvent y briller  alliant expressivité et sens dramatique comme dans l’air célèbre « Toi que j’implore » qui gagne progressivement en intensité avec sa montée dans l’aigu culminant en un bouleversant cri de détresse.  

Résumé

À Rome, le jeune général Licinius brûle d’amour pour Julia, une vestale. Sa passion est partagée par la jeune fille qui aurait dû l’épouser si son père avant de mourir n’avait exigé que sa fille ne  devienne vestale.  La Grande Vestale met en garde Julia contre les dangers de cette passion interdite. Licinius rejoint Julia dans le temple de Vesta pour la convaincre de fuir avec lui. Au cours de leur échange passionné, Julia faillit à sa mission en laissant s’éteindre le feu sacré. Elle est condamnée à mort mais sera sauvée in extremis par un miracle témoignant qu’elle a obtenu le pardon des dieux. Libérée de ses vœux  par le Grand Pontife, elle pourra s’unir à Licinius.

Acte 1

Revenant d’une guerre victorieuse contre les Gaulois, le général romain Licinius confie son désespoir à son ami Cinna : il aime d’un amour réciproque Julia qui est devenue vestale durant son absence, obéissant malgré elle aux dernières volontés de son père. Cinna conjure son ami de renoncer à cette passion interdite. La Grande Vestale qui connaît les sentiments de Julia l’exhorte à oublier Licinius en la mettant en garde contre les dangers de l’amour, ce « Monstre barbare, perfide ennemi de Vesta… ». Tandis que tout Rome se prépare à célébrer le triomphe de Licinius, Julia ne pense qu’à revoir celui qu’elle aime. C’est elle qui doit remettre la « couronne immortelle » au héros et les deux amants ne peuvent dissimuler leur trouble durant la cérémonie. Apprenant que Julia doit veiller la nuit même sur la flamme sacrée dans le temple de Vesta, Licinius décide de l’enlever.

Acte 2

Licinius rejoint Julia dans le temple. La jeune femme a imploré en vain la déesse pour qu’elle la délivre de sa funeste passion pour Licinius (« Toi que j’implore… »). Les deux amants réunis se lancent dans un échange exalté (« Quel trouble, quels transports »). Oubliant son devoir, Julia laisse s’éteindre le feu. Cinna accourt pour avertir Licinius que le peuple arrive afin de punir les deux amants qui ont profané le temple et trahi les dieux. Licinius refuse d’abandonner Julia mais elle le supplie de prendre la fuite pour sauver sa vie. Le Grand Pontife et les vestales découvrent la jeune fille évanouie près de l’autel où ne brille plus le feu protecteur de Rome. Julia avoue son crime sans dénoncer Licinius et elle accepte le châtiment qui l’attend (« Ô des infortunés, déesse tutélaire »).

Acte 3

Loin de Rome se trouve le champ d’exécration où sont enterrés les criminels : c’est dans ce lieu terrible qu’on a creusé une tombe pour y ensevelir vivante la coupable. Licinius assiste impuissant à ces sinistres préparatifs (« Qu’ai-je vu ! Quels apprêts !... »). Pendant que Cinna tente de réunir une armée pour délivrer la malheureuse, Licinius implore vainement le Grand Pontife auquel il a avoué son crime. Julia se prépare à mourir en faisant ses derniers adieux à celui qu’elle aime (« Toi que je laisse »). Elle doit placer son voile de Vestale sur l’autel. Si les dieux lui pardonnent son amour sacrilège, ils feront s’enflammer le voile pour signifier qu’ils accordent leur pardon. Au moment où Licinius désespéré donne l’ordre à son armée d’attaquer pour sauver Julia d’une mort atroce, la foudre frappe l’autel sur lequel le voile s’enflamme. Les dieux ont pardonné. Licinius et Julia peuvent s’unir. Le peuple entonne des chants d’allégresse.

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