Jephtha - Jephtha

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Description de l'Œuvre

Description Acte 1 Acte 2 Acte 3

En 1741, Haendel (1685-1759) signe son dernier opéra Deidamia. Il se consacrera ensuite essentiellement à l’oratorio, produisant coup sur coup deux immenses chefs-d’œuvre, Le Messie (1742) et Samson (1743). Le musicien a abordé tous les styles de son époque et son génie protéiforme le conduit à créer l’oratorio anglais en enrichissant le modèle italien à la lumière de ses conceptions dramatiques. La saisissante peinture musicale des personnages comme le rôle déterminant du chœur donnent désormais à l’oratorio les dimensions d’un véritable opéra comme en témoigne Jephta. C’est le dernier oratorio écrit de la main du compositeur (The Triumph of Time and Truth, en 1757, reprend quant à lui de nombreux extraits d’œuvres antérieures et il a été dicté à un secrétaire). Progressivement gagné par la cécité, le musicien renonce à composer. Comment résister à la tentation de considérer cet ultime chef-d’œuvre comme un testament artistique ? La cruauté de la condition humaine soumise aux insondables desseins de Dieu est au cœur de Jephtha. Au-delà du livret un peu naïf et de la fin sentimentale conçus par le révérend Thomas Morell (1703-1784), l’œuvre a d’évidentes résonnances philosophiques soutenues par une partition d’une richesse exceptionnelle. L’acceptation stoïcienne semble se substituer à la résignation chrétienne dans le splendide chœur qui termine le second acte : « Tout ce qui est, est bien ».

L’histoire de Jephté, obligé de sacrifier sa fille à la suite d’un vœu imprudent, est tirée du Livre des Juges (11-12). Cette cruelle anecdote avait déjà fourni la trame de plusieurs œuvres littéraires et musicales que connaissaient sans doute le compositeur et son librettiste. Dans les années 1650, Giacomo Carissimi (1605-1674) s’inspire de ce drame pour son oratorio, Jephté ; puis, en 1732, c’est au tour de Michel Pignolet de Montéclair (1667-1737) de s’illustrer avec le même sujet. Morelle s’éloigne de la version biblique, et abandonne le dénouement tragique pour se conformer aux attentes du public de l’époque baroque. Plusieurs éléments rapprochent Jephta de l’histoire d’Agamemnon sacrifiant sa fille Iphigénie pour obtenir la faveur des dieux.

Le manuscrit de Jephta porte la trace de difficultés inhabituelles chez Haendel, qui d’ordinaire composait rapidement. Le musicien travaille de janvier à août 1751 avec des interruptions nécessitées par les soins que réclame l’aggravation de sa cécité. La partition présente un grand nombre d’autocitations, mais aussi d’emprunts dont la source essentielle se trouve dans les six messes d’un compositeur tchèque, Frantisek Habermann (1706-1783), publiées en 1747. Jephta remporte un certain succès à sa création, puis après quelques reprises en concert jusqu’au XIXème siècle, l’œuvre se fait très rare. Les chœurs sont d’une grande beauté et Haendel excelle à mettre en lumière la souffrance et l’humanité de ses personnages confrontés aux mystères et aux rigueurs de la volonté divine comme dans le poignant quatuor de l’acte II : « O spare your daugther ». Méditation sur le destin et la mort, Jephta peut apparaître comme une ultime profession de foi humaniste.

Résumé

Sur le conseil de son demi-frère Zebul, Jephta est rappelé d’exil pour conduire la révolte des Juifs contre l’oppression des Ammonites. Jephta jure devant Dieu que, s’il triomphe de ses ennemis, il sacrifiera la première personne qui viendra l’accueillir à son retour du combat. Malheureusement, c’est sa propre fille, Iphis, qui ouvre le cortège venu acclamer Jephta après sa victoire. Insensible aux supplications de son épouse Storgé comme à celles de Hamor, le fiancé de la malheureuse Iphis, Jephta accepte de se plier à la volonté divine malgré son immense douleur. Au moment où le sacrifice doit s’accomplir, un ange apparaît : Iphis vivra mais elle devra consacrer sa vie à Dieu en demeurant toujours pure et vierge. Chacun se réjouit de ce dénouement et l’oratorio s’achève sur un chœur de jubilation. 

Acte 1

Pour assurer la victoire de leur armée contre les Ammonites, les Juifs se laissent convaincre par Zebul de choisir comme chef Jephta, son demi-frère, bien qu’il soit né d’une mère étrangère. Jephta prend congé de sa femme, Storgé, qui redoute ce que l’avenir leur réserve tandis que leur fille, Iphise, fait ses adieux à celui auquel elle s’est promise, Hamor. A l’approche du combat, Jephta ressent une ardeur qui le pousse à sceller un pacte avec Dieu : s’il revient victorieux, il jure de lui sacrifier la première personne qu’il rencontrera à son retour du combat. Les Israélites prient pour obtenir la victoire. Storgé est oppressée par de terribles pressentiments mais Iphise la rassure.

Acte 2

Hamor annonce à Iphise que les Israélites ont triomphé de leur ennemi grâce à des légions de Chérubins et de Séraphins. La jeune fille prépare un retour triomphal à son père. Quand Jephta arrive, Iphise s’avance en tête du cortège vêtue en jeune mariée. Le père est horrifié à sa vue et il révèle à Storgé, Zebul et Hamor l’imprudent serment qu’il a fait. Storgé se révolte contre tant de cruauté ; Hamor propose de mourir à la place de sa fiancée mais Jephta reste inflexible. Iphise se soumet sereinement à son destin. Jephta s’abandonne à la douleur de perdre sa fille unique. « Insondables sont les décrets du Seigneur » mais « Tout ce qui est, est juste » comme le proclame le chœur sur lequel se referme ce deuxième acte. 

Acte 3

L’heure du sacrifice est arrivée. Jephta prie pour qu’Iphise soit accueillie au ciel par les anges. La jeune fille fait ses adieux à la vie. Mais avant que les prêtres n’accomplissent leur terrible office, le signe qu’ils attendaient vient enfin. Un ange apparaît pour annoncer que Dieu n’exige pas la vie d’Iphise. Pour accomplir le serment de son père, elle devra consacrer sa vie à Dieu en restant toujours pure et vierge. Les anges entonnent un chant de joie. Jephta bénit le nom du Seigneur et tous se réjouissent de ce dénouement.

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