Don César de Bazan - Don César de Bazan

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Description de l'Œuvre

Description

Malgré un succès des plus modestes, Don César de Bazan permet au jeune Jules Massenet (1842-1912) d’asseoir sa réputation de compositeur d’opéra après plusieurs tentatives infructueuses. C’est le deuxième ouvrage que l'Opéra-Comique accepte de monter après La Grand’Tante (1867), un premier essai en un seul acte. Dans la distribution réunie pour Don César de Bazan on remarque trois des futurs créateurs de la Carmen (1875) de Bizet parmi lesquels brille la fameuse mezzo-soprano Célestine Galli-Marié (1837-1905) qui incarnera la mythique gitane. À l’origine du livret de Don César de Bazan se trouvent deux auteurs dramatiques à la mode, Adolphe-Philippe d’Ennery (1811-1899) et Philippe-François Pinel-Dumanoir (1806-1865). Les deux complices se sont inspirés du Ruy Blas (1838) de Victor Hugo pour écrire un drame en cinq actes, Don César de Bazan (1844), qu’ils ont ensuite adapté pour l’Opéra-Comique. Leur pièce avait déjà donné lieu à un opéra de William Vincent Wallace (1812-1865), Maritana créé à Londres en 1845.

L’œuvre de Victor Hugo a suscité un grand nombre d’adaptations et même de pastiches, que ce soit au théâtre, à l’opéra ou plus tard au cinéma. Le livret de Don César de Bazan présente une intrigue compliquée mais habilement construite autour de rebondissements efficaces. Personnage sympathique et haut en couleurs, Don César est le héros d’un drame de cape et d’épée dans lequel il échappe à une condamnation à mort pour finir en gouverneur de Grenade comblé par une belle épouse.
Massenet n’a consacré que six semaines à l’écriture de son opéra et la qualité de l’ensemble s’en ressent un peu – même si Camille Saint-Saëns trouvait la partition « légère et pimpante ». On peut pourtant se lasser de la récurrence de certains motifs comme du recours trop systématique à des formules mélodiques aux effets faciles. On ne connaîtra jamais la forme initiale de la partition car elle a été détruite (comme celle des Contes d’Hoffmann (1881) d’Offenbach) dans l’incendie de l’Opéra-Comique en 1887. Massenet réorchestrera en 1888 la version piano-chant qui avait heureusement échappé aux flammes.
Don César de Bazan révèle l’attirance de Massenet pour les sujets espagnols : cette prédilection s’affirmera ensuite avec Le Cid (1885), Chérubin (1903) et Don Quichotte (1910). Le musicien joue constamment sur la couleur locale espagnole comme en témoigne la très belle Ballade aragonaise de Maritana, « Par un frais sentier », à l’acte I. Plusieurs morceaux sont d’un effet comique très réussi comme le quatuor du premier acte, « Le voilà ! qu’on le saisisse ! », ou la scène du festin offert par Don César aux douze arquebusiers venus pour l’exécuter. La Sévillana qui ouvre le troisième acte est souvent donnée séparément en récital.

Argument

Don César de Bazan est un Grand d’Espagne ruiné mais toujours bon vivant et plein de nobles sentiments, ce qui l’amène à voler au secours d’un jeune garçon, Lazarille. Don César n’hésite pas à se battre en duel avec le capitaine qui brutalisait le pauvre Lazarille. Malheureusement, un édit royal interdit les duels durant la Semaine Sainte et Don César est arrêté et condamné à mort par pendaison pour avoir bravé cette interdiction.

Dans sa prison, le condamné reçoit bientôt la visite du premier ministre du roi Charles II, Don José de Santarem. Ce dernier brûle d’amour pour la reine qui le repousse en attendant d’avoir une preuve de l’infidélité de son époux. De son côté, le roi convoite une bohémienne, Maritana... Mais comment un monarque pourrait-il se rapprocher d’une chanteuse des rues ? Don José va échafauder un plan très sophistiqué pour surmonter tous ces obstacles. Le ministre est venu proposer un marché à Don César : il lui promet de lui éviter le déshonneur de la pendaison tout en veillant à la sécurité de son protégé Lazarille. En échange, Don César doit s’engager à épouser Maritana à qui on a promis richesse et noblesse afin qu’elle soit tout à fait digne de l’amour d’un roi. En réalité, Don José espère obtenir l’amour de la reine en facilitant l’adultère de son royal époux qui pourra sans déchoir être l’amant de Maritana, devenue comtesse de Bazan. Don César consent à se marier sans soupçonner toute l’étendue de la machination ourdie par le ministre déloyal.

Le mariage a lieu et Don César évite l’infamie de la pendaison... pour être livré au peloton d’exécution. Pendant ce temps, Maritana est conduite au palais où l’on doit lui inculquer les bonnes manières qui achèveront de la métamorphoser en noble dame. On rassure la jeune femme en lui affirmant que son mari sera bientôt auprès d’elle. Elle l’a à peine entrevu dans la prison où elle était elle-même ensevelie sous ses voiles. 

Le roi se présente alors en essayant de se faire passer pour Don César mais Maritana lui résiste jusqu’à ce que le véritable Don César surgisse comme un « deus ex machina ». Lazarille lui a sauvé la vie lors de l’exécution... qui n’était qu’un simulacre. Tout va merveilleusement rentrer dans l’ordre. Don José est surpris aux pieds de la reine par Don César qui le tue. Le roi reconnaissant le nomme gouverneur de Grenade et lui laisse la belle Maritana pour le remercier d’avoir vaillamment défendu l’honneur du couple royal.

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