Wolfgang Windgassen

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Informations générales

  • Nom :Windgassen
  • Prénom :Wolfgang
  • Date de naissance :26/06/1914
  • Date de mort :08/09/1974
  • Nationalité :Allemagne
  • Tessiture :Tenor

Biographie

 


Wieland Wagner ; © DR

La carrière de Wolfgang Windgassen offre un curieux paradoxe. A priori rien ne le prédisposait vraiment à devenir l’archétype du ténor wagnérien en s’imposant comme un des piliers du « Nouveau Bayreuth » voulu par Wieland Wagner. Ce dernier n’allait-il pas jusqu’à déclarer en 1965 : « Si nous n’avions pas Herr Windgassen, nous devrions fermer ! ». Entre 1951, année de la réouverture du Festival de Bayreuth et 1970, le chanteur interprète tous les rôles les plus importants, de Tristan jusqu’à Parsifal, en passant par Walther dans Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg. Mais le rôle qu’il marque le plus est celui de Siegfried, dont il devient l’incarnation la plus accomplie. Pourtant, Wolfgang Windgassen avait commencé à se faire connaître dans le répertoire léger, voire dans l’opérette, et sa voix était très éloignée de celle de ses célèbres prédécesseurs, Lauritz Melchior (1890-1973) ou Max Lorenz (1901-1975). En dehors de sa stature physique impressionnante, Windgassen n’a pas le profil habituel du Heldentenor wagnérien ; mais si sa voix semble moins bien appariée à la démesure des rôles, le chanteur compense ses manques par un timbre plein de séduction, une grande souplesse de la ligne vocale, et une intuition musicale qui lui permet d’atteindre des sommets dans l’émotion. Emouvoir plus qu’impressionner : c’est précisément ce que Wieland Wagner demande à ses chanteurs. Au fil de ses différentes prises de rôle sur la « Colline Sacrée », Wolfgang Windgassen dessine le profil d’une nouvelle génération de chanteurs wagnériens qui vont renouveler l’approche d’un des répertoires les plus exigeants.


Fritz Windgassen ; © DR

Le ténor allemand voit le jour le 26 juin 1914 à Annemasse en Haute-Savoie. Il reçoit ses premières leçons de son propre père, le ténor Fritz Windgassen (1883-1963). La mère de Wolfgang, Vali von der Osten (1882-1923), est elle-même soprano colorature. Le jeune homme s’inscrit donc dans une tradition familiale quand il fait ses premiers pas sur la modeste scène de Pforzheim en 1939 en interprétant Pinkerton dans Madame Butterfly de Puccini. En 1945, il intègre la troupe de l’Opéra de Stuttgart à laquelle il restera fidèle pendant une vingtaine d’années. En 1972, il en deviendra le directeur artistique et il y donnera son ultime représentation en Tannhäuser en 1974, l’année de sa mort. C’est à Stuttgart que Wolfgang Windgassen aborde progressivement des emplois de plus en plus lourds en parcourant le répertoire de l’opéra allemand. Il est tour à tour Max dans Le Freischütz de Weber, Florestan dans Fidelio de Beethoven, ou Siegmund dans La Walkyrie de Wagner.


Martha Mödl ; © DR

Birgit Nilsson ; © DR

En 1951, cette carrière honorable va prendre un tournant décisif avec la participation du ténor au Festival de Bayreuth qui rouvre ses portes après de très sombres années. Pour incarner le renouveau auquel Wieland Wagner aspire, il est indispensable de constituer une nouvelle équipe de chanteurs parmi lesquels Wolfgang Windgassen va rapidement se révéler incontournable avec sa voix d’une clarté exceptionnelle et sa diction irréprochable. Aux côtés de Martha Mödl (1921-2001) et sous la direction de Hans Knappertsbuch (1888-1965), le ténor séduit d’emblée le public dans un Parsifal dont un enregistrement nous restitue encore aujourd’hui toute l’intensité. Dès lors, Wieland Wagner associe étroitement Wolfgang Windgassen aux nouvelles destinées de Bayreuth. Le ténor sera de toutes les productions, faisant preuve d’une endurance à toute épreuve, et d’une intelligence musicale qui se manifeste à travers des interprétations d’une dimension émotionnelle inédite. Il aura pour partenaires les plus grandes chanteuses d’alors, d’Astrid Varnay (1918-2006) à Birgit Nilsson (1918-2005) – avec laquelle il formera un des couples les plus emblématiques de la légende du chant wagnérien.

Après 1951, tout a donc changé pour Windgassen. Ses triomphes au Festpielhaus lui valent des engagements dans tous les plus grands opéras du monde et il devient naturellement une sorte d’ambassadeur du chant wagnérien. De nombreux enregistrements en studio ainsi que des captations sur le vif à Bayreuth nous permettent d’apprécier encore de nos jours l’art incomparable de Wolfgang Windgassen. Son exigence d’expressivité et son engagement scénique font de lui un interprète d’une grande modernité qui apparaît toujours au XXIème siècle comme un modèle à égaler. Wolfgang Windgassen devait, hélas, mourir prématurément à 60 ans, terrassé par une crise cardiaque le 8 septembre 1974, à Stuttgart, son véritable port d’attache.

Répertoire

Interprété dans

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