Le Barbier de Séville au Festival de Glyndebourne

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Particulièrement réputé, le festival de Glyndebourne ouvre cette année son édition 2016 avec une nouvelle production du chef-d’œuvre de Rossini, Le Barbier de Séville.

Annabel Arden, déjà responsable à plusieurs reprises de quelques productions du festival britannique, revient ici avec un spectacle articulé autour d’un décor aux allures très méditerranéennes et une direction qui mise résolument sur l’actions sur scène – parfois au bord de l’exagération.  Il y a suffisamment de d’esprit et de dimension comique suffisamment forte dans le superbe livret original de cet opéra-bouffe et sa musique, pour ne pas en rajouter davantage avec des frasques ou des personnages supplémentaires sur scène.
Le décor de Joanna Parker est construit en demi-cercle, orné de bleu et de blanc, rappelant certaines tuiles espagnoles. La maison de Bartolo est représentée par une simple fenêtre au centre de la scène, et fait office de balcon pour la sérénade d’ouverture de Lindoro, accompagné à l’occasion d’un petit groupe de guitaristes. On retrouve la même mise en place scénique tout au long de l’opéra : ici une étagère de livres, là des harpes suspendues au plafond faisant leur apparition – et parfois même transportées de façon absurde çà et là tout autour de la scène.

La distribution de cette nouvelle production est dominée par une troupe de jeunes chanteurs particulièrement appliqués dans leur jeu d’acteur, et impliqués par la mise en scène. L’action domine sur scène, au travers notamment d’images claires et colorées. Le jeune Bjorn Bürger est un Figaro modèle, et conquiert aisément le cœur du public. Sa voix est belle et polyvalente, mais manque parfois de puissance, de volume et d’expression. Taylor Stayton, dans le rôle du Comte Almaviva, a l’allure d’un vagabond avec sa barbe et son long manteau gris argenté. Son ténor est lyrique, porté par un timbre chaud et une voix sombre dans les graves, avec néanmoins quelques imprécisions dans les hauteurs. Sa bien-aimée Rosina est interprétée par Danielle de Niese au teint hâlé : puissance et vie coulent dans ses veines, soulignées par ses atours méditerranés. Son chant est délicat, sans aucune âpreté, mais ses coloratures manquent quelque peu d’exactitude. Alessandro Corbelli quant à lui, offre la plus belle des performances  dans son rôle de Bartolo. Son visage et ses yeux parlent pour lui, tandis que sa voix dévoile un baryton puissant au timbre chaleureux typiquement italien.

Dans la fosse, Enrique Mazzola à la tête du London Philharmonic Orchestra déploie un son dynamique et dansant. Très clairement, chaque instrument est singularisé pour construire un son qui n’est pas sans rappeler la musique de chambre.  En fin de soirée, la production et tous ses interprètes sont chaleureusement acclamés par un public essentiellement anglais.

Helmut Pitsch

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