© FIC - Bertrand Schmitt
Le festival international de Colmar ne se contente pas d'offrir à son public de magnifiques concerts du soir. Il propose également des rendez-vous divers (Symphonic MOB, concert famille...), comme les Jeunes talents de 12h30 au Koïfhus. C'est dans ce cadre intime que nous avons eu le plaisir de retrouver Léontine Maridat-Zimmerlin quelques jours après l'avoir entendue dans le rôle de Mercedes à Toulouse. Même si le rôle est court, nous avions noté un timbre chaleureux que nous sommes heureux de retrouver dans le cadre d'un récital. L'occasion d'en découvrir davantage...
Aux côtés du pianiste Louis Dechambre, la jeune mezzo-soprano présente un programme partant de Fauré pour y revenir, en passant par Clara Schumann, Tchaïkovski, Alberto Ginastera ou encore Georges Enesco.
Avec La Chanson d’Eve, Léontine Maridat-Zimmerlin impose tout de suite de très belles prononciation et trajectoire de la ligne de chant, ponctuant le tout d’un large sourire qui marquera ce joli rendez-vous. Les graves se révèlent déjà chatoyants, flambants.
Ce n’est qu’ensuite que l’artiste prend la parole afin de présenter ce programme créé il y a plus d’un an. Avec le pianiste, ils prendront tour à tour la parole entre différents regroupements d’airs afin d’expliquer les prochains, apportant des connaissances, leur vision, ou bien des touches légères.
La tessiture ambrée de la cantatrice ainsi que ses attaques à la fois douces et nettes sont particulièrement marquantes dans le lied de Clara Schumann Sie liebten sich beide, qui laisse par ailleurs s’envoler ses aigus aériens, entre soleil et bise. Elle parvient à lier les notes les unes aux autres dans Der Mond kommt still gegangen, comme un artisan tisserait des pièces éparses pour former un tout dont les coutures seraient invisibles.
La nature s’invite ensuite, notamment dans l’Automne d’un Fauré un peu plus jeune que celui d’ouverture de soirée. Durant ce passage des Trois Mélodies du compositeur, on note une belle unité entre les attaques vives de Léontine Maridat-Zimmerlin et celle de Louis Dechambre. Toutefois, compte-tenu de la salle, le piano ressort un peu forte dans certaines intentions par rapport à la voix.
Place ensuite à Tchaïkoski, entre joli crescendo (De nouveau seul extrait de Six Romances), une belle prononciation du russe (ressortant particulièrement dans Au milieu d’un bal) mais surtout, un Pimpinella où la jeune femme communique son amusement et joue avec la « prosodie un peu hasardeuse » de l’œuvre annoncée juste avant. L’expressivité de son visage et son humour n’en oublient pas pour autant ses graves suaves.
Après les Trois mélodies d’Enesco, dont Le Galop où la voix galope elle aussi, monte, se libère de sa bride pour notre plaisir, nous revenons à Fauré dans un très beau Après un rêve. Ici, l’amusement laisse la place à une profondeur plus onirique bercée par la douceur d’un timbre nocturne.
Face au public conquis, le duo d’artistes offre comme bis Madrid de Debussy, sur un texte d’Alfred de Musset, laissant libre court au caractère pétillant de la mezzo-soprano dont la cordialité et la bonne humeur n’aura cessé de croitre jusqu’à la dernière seconde.
Au final, on retient une voix profonde aux couleurs riches, mais aussi la personnalité sympathique et attachante de Léontine Maridat-Zimmerlin. À n’en pas douter, une artistes que nous prendrons plaisir à suivre !
E.M.
(Colmar, le 7 juillet 2026)
Cycle Jeunes Talents: Léontine Maridat-Zimmerlin & Louis Dechambre au festival international de Colmar le 7 juillet 2026.
10 juillet 2026 | Imprimer
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