Les mots de l'opéra : la Cadence

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Si l’opéra est évidemment d’abord une émotion à vivre, c’est aussi un art que l’on partage et qui se nourrit d’échanges. Pour mieux appréhender les arcanes de cet art et son vocabulaire parfois très spécifique, Opera Online propose un « lexique » qui référence et définit les « mots de l’opéra », et qui a vocation à continuer à s’enrichir régulièrement au fil du temps.
Pour mieux appréhender ces termes et leur sens, nous déclinons le contenu de ce lexique en vidéos, présentées par Alain Duault, et débutons notre série avec le terme Cadence, qui à partir du XVIIème siècle a offert un espace d’improvisation aux interprètes.

Cadence : Au XVIIème siècle, la cadence désigne la partie improvisée d’un air généralement située juste avant sa conclusion. La cadence est donc un espace que le compositeur laisse à l’imagination du chanteur qui peut y faire briller tout son talent. Le soliste laisse libre cours à sa virtuosité, mais il faut que la cadence s’intègre dans le développement de l’air. Les castrats et les premières « prima donna » vont très vite abuser de ces ajouts non écrits. Les cadences n’en finissent plus de se développer et leur complexité virtuose met en péril la conception et l’équilibre des airs. C’est pourquoi dès la fin du XVIIIème siècle, les compositeurs prennent le parti d’écrire les cadences pour mettre un terme aux extravagances vocales de certains interprètes. Les excès entraînés par la pratique des cadences improvisées sont clairement dénoncés à travers une anecdote concernant Gioacchino Rossini (1792-1868) et la célèbre soprano Adelina Patti (1843-1919). À cette époque, la cadence a disparu comme improvisation et pourtant bien des chanteuses en ont gardé la nostalgie... La Patti se rend un jour chez Rossini pour lui chanter un extrait d’un de ses opéras. Le compositeur se met au piano et la soprano se lance dans un air surchargé de vocalises extravagantes pour montrer toute l’étendue de son talent. Quand elle a terminé, Rossini se tourne vers elle en lui demandant : « c’est très beau, mais de qui est-ce ? »

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