La Belgique ferme à nouveau ses salles de spectacles

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On se souvient qu'au début du mois, le monde de la culture belge faisait face à de nouvelles restrictions sanitaires, créant incompréhension et agacement de la part des théâtres. Les jauges avaient été réduites au nombre de 200 spectateurs dans ces lieux qui proposent pourtant des conditions d’accueil particulièrement sûres dans le contexte actuel.

Pourtant, face à la multiplication des cas de contaminations du variant Omicron, le Premier ministre Alexander De Croo annonçait hier la fermeture de toutes les salles de spectacles du pays. Opéras, cinémas, théâtres, salles de concerts ou encore parcs d'attractions en intérieur fermeront donc leurs portes à partir de dimanche, sans date de réouverture annoncée pour le moment. De plus, « tous les événements de masse à l'intérieur sont interdits », à l'exception des mariages et des funérailles. Une interdiction qui vise particulièrement les marchés de Noël couverts.

Les musées et les bibliothèques échappent toutefois à cette nouvelle fermeture, de même que les cafés, les restaurants et les lieux de culte.

La décision touchera notamment la production de l’Otello de Rossini dont la Première a eu lieu à Liège dimanche dernier, et qui devait durer jusqu’au 31 décembre, de même que la nouvelle production de Norma actuellement proposée à Bruxelles. Le Théâtre de la Monnaie avait par ailleurs déjà suspendu la vente de billets pour le concert symphonique du 9 janvier, ainsi que pour la reprise de la Carmen de Dmitri Tcherniakov programmée à partir du 23 janvier.

La colère et l'incompréhension se font donc particulièrement sentir du côté des acteurs culturels, comme le démontre le communiqué de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège :

« L’Opéra Royal de Wallonie-Liège a pris acte, ce mercredi soir, de la décision des autorités de fermer, totalement et sans aménagement possible, les salles de spectacle à partir du dimanche 26 décembre et jusqu’à une date encore indéterminée. 

C’est un véritable sentiment de colère et d’indignation que nous ressentons face à cette décision, prise unilatéralement et au mépris des efforts conséquents mis en place pour respecter les mesures édictées précédemment.

Est-il encore utile de rappeler que, comme nombre d’autres acteurs culturels en Belgique, nous avons appliqué scrupuleusement la limitation des jauges au nombre -ridicule pour une salle telle que la nôtre- des 200 spectateurs, l’usage du CST, la consigne donnée à nos artistes de chanter ou de jouer masqués ou entourés de cloisons de plexiglas, ou encore le testing régulier de tout le personnel, pour ne parler que des dernières mesures ? Est-il encore utile de rappeler les multiples études réalisées dans les lieux culturels en Europe (Belgique comprise) qui ont montré, depuis plusieurs mois, que les salles de spectacle ne sont pas des lieux de propagation du virus ?

Las. Malgré tous les efforts consentis par le secteur culturel, durement éprouvé au cours des derniers mois, celui-ci se trouve une fois de plus victime de décisions incompréhensibles de la part des autorités.

Ces décisions sont un véritable gant jeté à la face des milliers de personnes qui travaillent, chacune et chacun à leur niveau, dans le secteur de la culture, et à tout ce que les acteurs culturels ont mis en place depuis le début de cette pandémie pour assurer, avec succès, la continuité de leurs missions en toute sécurité.

Enfin, si une éventuelle réévaluation des mesures de fermeture a été vaguement évoquée pour le début du mois de janvier, aucun terme précis n’a encore une fois été donné. Ceci complique encore plus notre travail : une production d’opéra nécessite un mois de répétition et mobilise plusieurs centaines de personnes. Sans savoir quand nous allons pouvoir rouvrir, comment organiser tout ce travail ? Et quelle réponse apporter à notre public, dont le soutien nous est si cher mais qui, à bon droit, s’inquiète de savoir quand il pourra revenir en salle ?

Force nous est de constater qu’une prise en compte de la réalité du secteur culturel et une consultation de ses représentants manquent cruellement aux autorités. Dès lors, notre secteur se voit ainsi réduit au rôle ingrat de variable d’ajustement.

En ce qui concerne l’avenir immédiat : les représentations d’Otello, Ossia il Moro di Venezia des 26, 28 et 31 décembre n’auront pas lieu. Les détenteurs de tickets seront contactés personnellement par la billetterie en vue du suivi de leurs remboursements.

Quant aux spectacles prévus en janvier 2022, nous vous tiendrons, ainsi que le public, dès que possible informés de leur maintien et des conditions qui seront appliquées. »

Elodie Martinez

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