Jonas Kaufmann raconte Manon Lescaut

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A 44 ans, le grand ténor allemand, considéré aujourd’hui comme le numéro 1 de sa génération, choisit d’ajouter un nouveau rôle à son répertoire, celui du Des Grieux de la Manon Lescaut de Puccini. Après Mario Cavaradossi de Tosca et Dick Jonhson de La Fanciulla del West, ce n’est que son troisième rôle puccinien alors que sa voix de ténor aux couleurs barytonnales semble idéalement faite pour ce répertoire. Pourquoi a-t-il attendu ? Tout simplement peut-être parce qu’on ne lui en a pas fait la proposition plus tôt. Ou parce qu’il estimait que, avant d’affronter l’épaisseur et les tensions ardentes exigées par l’orchestre puccinien, il lui fallait éprouver sa projection de ténor lyrique aux ouvrages de Verdi et de Wagner. 

C’est donc après s’être frotté à Monteverdi (Néron du Couronnement de Poppée) et Mozart (Titus de La Clémence de Titus, Belmonte de L’Enlèvement au sérail, Tamino de La Flûte enchantée et le rôle-titre d’Idoménée) que Jonas Kaufmann a abordé Verdi avec prudence en Cassio d’Otello, puis en duc de Mantoue de Rigoletto et Alfredo de La Traviata. Trois rôles de vrai ténor lyrique, marqués par un indispensable rayonnement, un charisme sonore qu’il a su déployer en inscrivant son chant dans une volonté expressive. Ce n’est que bien après, en prenant son temps, qu’il a su faire évoluer sa voix vers une tessiture de lirico-spinto, indispensable pour affronter Manrico du Trouvère puis le rôle-titre de Don Carlo et enfin Alvaro de La Force du destin : progression prudente, raisonnée, intelligente – ce qui ne surprend pas chez un tel artiste.

De la même manière, il a su développer sans se presserl’éventail complexe des ténors wagnériens, commençant donc logiquement, après s’être confronté au Florestan du Fidelio de Beethoven, par Walther des Maîtres Chanteurs, le rôle-titre de Parsifal puis celui de Lohengrin – avec entre les deux Max du Freischütz de Weber – avant d’oser le Siegmund de La Walkyrie.

Autant dire que Jonas Kaufmann ne fait rien au hasard. Alors ce nouveau rôle, idéal aujourd’hui pour sa voix, et bien évidemment riche de cette expression dramatique sans égal qu’il sait mettre à tous les personnages qu’il incarne, comment le prépare-t-il ? Comment le pense-t-il ? Comment le vit-il ? Le plus simple est de le lui demander : c’est ce que nous avons fait et il nous répond en exclusivité pour Opera Online.


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