Jonas Kaufmann : « Don Carlo, l’un des rôles les plus attirants »

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À compter du 13 août, dans le cadre du Festival de Salzbourg 2013, le ténor Jonas Kaufmann reprend le rôle-titre de Don Carlo, l’opéra de Verdi – dans une production inédite signée par le metteur en scène Peter Stein, dirigée par Antonio Pappano, et avec Anja Harteros et Thomas Hampson. Un rôle complexe, parfois peu apprécié des chanteurs mais que Jonas Kaufmann affectionne manifestement tout particulièrement.

À l’aube de ce nouveau siècle, le ténor allemand Jonas Kaufmann s’est imposé sur les scènes internationales comme l’un des principaux interprètes d’opéra. Cette année, dans le cadre du Festival de Salzbourg, le ténor endosse le rôle-titre de Don Carlo, le personnage le plus complexe de l’opéra le plus sombre de Verdi, dans une nouvelle production signée par le metteur en scène allemand Peter Stein.

Don Carlo est le dernier des trois opéras composés par Verdi pour l’Opéra de Paris. Dans cette œuvre colossale et grandiose, Carlo affronte à la fois son père, le roi Philip II d’Espagne, et sa passion ardente pour son ancienne fiancée, Elisabeth de Valois. L'enjeu dramatique ici ? Philip a épousé Elisabeth.

Le livret joue avec l’histoire : un prince espagnol du nom de Don Carlos, prince d’Asturies, a réellement existé, décédé à l’âge de 23 ans. Selon le ténor Jonas Kaufmann, « le Carlos historique était décrit comme une sorte d’individu retardé ». « Dans l’œuvre de Schiller, puis dans celle de Verdi, il retrouve toutes ses capacités mentales mais reste labile émotionnellement ».
Carlo n’a qu’un unique aria, mais être embarqué sur un grand-huit émotionnel tout au long des cinq actes est un défi pour tout chanteur. « Vocalement, le principal challenge tient à l’amplitude du rôle – des phrases pianissimo les plus fines à la plus grande intensité ».

L’œuvre n’a pas immédiatement connue le succès. Verdi a composé l’opéra (sur la base d’un livret français) en 1867, avant qu’il ne soit amendé douze ans plus tard pour être donné en Italie – supprimant le premier acte, coupant largement les ballets et réduisant la durée de l’opéra de presque une heure. Cette production du Festival de Salzbourg propose la version de 1871, chantée en italien et dans sa version revue (à l’exception du ballet).
Jonas Kaufmann précise : « J’ai vu et entendu la version française originale, il y a quelques années. Le changement de langue dans Don Carlo fait toute la différence. Comme j’apprécie de chanter en français, j’aurais volontiers réappris Don Carlo dans la langue originale pour Salzbourg. Mais je n’en ai encore jamais eu l'occasion ».
La version en cinq actes rétablit la courte romanza de Carlo, « Lo la vidi », à sa juste place dans le premier acte. « Quand vous avez suffisamment réchauffé votre voix, ce n’est pas si difficile à chanter », selon Jonas Kaufamnn. « Et j’apprécie de le chanter, même s’il ne semble pas toujours très "valorisant" pour un chanteur. Vous savez, à l’inverse de la plupart des autres rôles de ténors chez Verdi, Carlo n’a pas vraiment de grands airs et peut-être est-ce là la raison pour laquelle de nombreux ténors ne l’apprécient pas dans son entièreté. Mais pour moi, c’est l’un des rôles les plus attirants du répertoire de ténor ».
Et de préciser : « Carlo est un rôle très exigeant. Il y a tant d’aspects en lui, que vous devez restituer avec conviction – sa souffrance, son amour pour Elisabeth, le conflit avec son père, ses amitiés avec Posa, sa fragilité physique, son manque de confiance en lui ». Jonas Kaufmann dit « le voi[r] comme une victime », « une victime dans une bataille d’humanité contre la puissance de l’Etat et de l’église. Bien sûr, Il y a différentes façons d’appréhender le rôle, mais pour moi, une chose est sûre : Carlo devrait être une personne envers qui le public peut éprouver de la sympathie et une certaine empathie ».

Et si Salzbourg offre un cadre splendide à l’oeuvre, pour Jonas Kaufmann, la véritable âme de cette production tient notamment à son metteur en scène, son chef d’orchestre et ses partenaires sur scène. « Je suis très chanceux à Salzbourg ». « Quand je pense à toutes ces représentations enthousiasmantes que j’ai partagées avec Antonio Pappano dans la fosse et avec mes collègues Anja Harteros, Matti Salminen et Thomas Hampson, j’y vois presque une réunion de famille ».

Crédit photo : © Monika Rittershaus

Article réalisé par le département Creative Solutions de l'International Herald Tribune, n’engageant pas la rédaction du journal, et dont nous reproduisons le contenu avec leur aimable autorisation.

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