© Nadine Sierra / Teatro Real
Ovationnée pendant sept minutes par le public madrilène lors de la dernière représentation de Roméo et Juliette au Teatro Real, Nadine Sierra a bissé son grand air « Amour ranime mon courage ». Le premier bis de la soprano au Real.
Ces dernières semaines, le Teatro Real de Madrid reprenait Roméo et Juliette, de Gounod, dans la très belle mise en scène de Thomas Jolly accompagnée ici musicalement par Carlo Rizzi. Pour faire bonne mesure, la production était défendue par une triple distribution, emmenée notamment par Nadine Sierra et Javier Camarena dans les deux rôles principaux.
Nadine Sierra est appréciée du public madrilène et le soir de la dernière représentation, ce samedi 13 juin, la soprano américaine était ovationnée. Le Teatro Real rapporte qu’au terme de son grand air du l’acte 4, « Amour ranime mon courage », le public a lui réservé « sept minutes d’applaudissements debout ». Nadine Sierra a alors rechanté l’aria une seconde fois : le théâtre madrilène y voit un bis « historique », le premier de Nadine Sierra au Real, après avoir donc conquis le public. Un bis d’autant plus mémorable que la représentation faisait l’objet d’une retransmission en direct dans 150 villes d’Espagne sur écran géant. Quelque 40 000 spectateurs ont ainsi assisté à la prestation de la soprano.
Si le bis est traditionnellement le fruit de l’enthousiasme du public et peut s’imposer comme un événement mémorable, bisser un air est aussi l’objet de débats parfois houleux chez les lyricomanes. Certes, l’interprète qui bisse répond à la manifestation d’émotion des spectateurs, et le bis a même parfois pris des allures de tradition dans certaines salles italiennes. Pour autant, ces déferlements d’enthousiasme qui saluent les grands airs d’opéra contribuent aussi à heurter la continuité de l’action d’une œuvre et interrompent la partition au-delà de l’intention du compositeur. Certains interprètes se refusent donc catégoriquement à bisser et il arrive que l’expression de l’engouement du public soit dictée par le chef de la production qui peut tantôt réfréner l’orchestre pour permettre aux spectateurs de s’exprimer, parfois jusqu’au bis, tantôt respecter la partition et inviter le public à patienter jusqu’à la fin d’un acte. À Madrid, Carlo Rizzi a préféré écouter le public, offrant ainsi son premier bis madrilène à Nadine Sierra.
publié le 16 juin 2026 à 14h33 par La rédaction
16 juin 2026 | Imprimer
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