Angela Gheorghiu rend hommage à la Callas

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Le tempéramment de la diva roumaine n'est plus à démontrer. Son hommage discographique déborde de reconnaissance pour la diva qui a révolutionné la scène lyrique et contribué à faire de l’opéra un art aussi moderne que déchirant.

Peu de chanteuse autre qu’Angela Gheorghiu pouvait sans risque porter une telle ambition. Sa vie comme son parcours, sa façon de vivre son métier et ses amours ne sont pas sans présenter des analogies avec celui de la Divina : toutes deux ont connu une enfance marquée au sceau du travail le plus rigoureux dans un pays autoritaire et pauvre, ce qui leur a forgé un caractère anxieux et inflexible, épris de perfection ; toutes deux se sont imposées sur les scènes comme d’incontournables tragédiennes lyriques, et à la ville comme des beautés sculpturales et irrésistiblement glamour ; toutes deux enfin ont déchaîné les passions les plus contradictoires, magnétisé les foules et soulevé des scandales souvent injustifiés. Sans évoquer qu'elles ont toutes les deux ... la même maison de disques.

Autant un portrait qu’un autoportrait, cet "Homage to Maria Callas" (édité par EMI) s'appuit sur les arias qui ont contribué à pérenniser la légende de la soprano grecque. Enregistré dans les légendaires studios d’Abbey Road, à Londres, ce nouveau disque, son premier récital depuis six ans, contribue à souligner l’évidente parenté qui existe entre les deux cantatrices.

Déclinant des airs écrits pour des sopranos lyriques ou spinto, ainsi que pour des mezzos dramatiques, cet Hommage rend justice à l’extraordinaire versatilité vocale de la Callas, tout en exhibant l’immense palette de couleurs et d’affetti dont Angela Gheorghiu sait comme personne nuancer ses interprétations. Tour à tour tragique, pathétique ou éperdue, toujours souveraine de timbre et impérieuse d’accent, la soprano roumaine redonne vie aux héroïnes du classicisme tardif (Medea de Spontini), du bel canto romantique (Il Pirata de Bellini), ainsi que du mélodrame vériste (Adrienne Lecouvreur de Cilèa, Andrea Chenier de Giordano ou La Wally de Catalani), et du grand opéra français (Carmen de Bizet, Faust de Gounod ou Le Cid de Massenet). Sans oublier le rôle des rôles qui l’a propulsée du jour au lendemain au rang de star internationale : La Traviata. Plus de dix ans après cette soirée désormais légendaire au Covent Garden de Londres, Angela Gheorghiu délivre une interprétation encore plus saisissante des deux plus redoutables arias de ce chef-d’œuvre : « È strano » et « Sempre libera ».

Angela Gheorghiu a souvent évoqué son admiration pour la Callas : « Maria Callas était originale dans tout ce qu’elle faisait ; c’était un phénomène. À chaque représentation, elle donnait tout d’elle-même. Elle était la plus extraordinaire des coloristes vocales, vous pouvez toujours entendre la nuance la plus juste dans sa voix. Rien qu’à l’entendre, vous comprenez la puissance ou la fragilité de ses émotions. C’est un talent rare et un don immense ».

Cd "Homage to Maria Callas" Angela Gheorghiu James Valenti, Tenor * Royal Philharmonic Orchestra /Marco Armiliato. Emi Classics.

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