Médée - Medea

Informations Description
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Informations générales

  • Compositeur :Luigi Cherubini
  • Librettiste :François-Benoît Hoffman
  • Année de création :1797
  • Lieu de création :France
  • Nombre d'acte :3
  • Langue originale :Français
  • Maison d'opéra de la production originale :Théâtre Feydeau

Description de l'Œuvre

Description Acte 1 Acte 2 Acte 3

« ‘Médée’ est l’œuvre qui, pour nous musiciens, représentait l’excellence en matière d’art dramatique » : cette déclaration de Johannes Brahms a de quoi intriguer aujourd’hui l’amateur d’opéra, aussi éclairé soit-il. Etrange destinée que celle qui attendait l’ouvrage le plus réussi de Luigi Cherubini (1760-1842), que Haydn (1732-1809) appelait son « fils bien-aimé » et Beethoven (1770-1827), « le premier parmi nos contemporains ». A sa création,Médée est reçue tellement froidement qu’elle disparaît de l’affiche après vingt représentations seulement. Et pourtant, cette œuvre annonciatrice de l’opéra romantique va devenir un véritable modèle durant tout le XIXème siècle où Beethoven, Weber, Schumann et Wagner ne cesseront de lui rendre hommage. Du XVIIème au XXème siècle, de nombreux musiciens se sont inspirés de la légende de Médée telle qu’elle apparaît dans la tragédie que lui a consacrée Euripide. Francesco Cavalli (1602-1676), Lully (1632-1687) et Mayr (1763-1845), consacrent des opéras à l’impitoyable magicienne. Darius Milhaud (1892-1974), Samuel Barber (1910-1981) et de nos jours, Pascal Dusapin, continuent de s’intéresser à cette femme aveuglée par une jalousie qui la conduit à tuer ses propres enfants.
Le librettiste de Cherubini adapte la tragédie d’Euripide en la simplifiant et en utilisant des dialogues parlés écrits en alexandrins, conformément à l’usage en vigueur au Théâtre Feydeau où l’ouvrage est créé.
Dans cet ouvrage que Brahms décrit comme un « sommet de musique dramatique », Cherubini réalise une brillante synthèse. Il utilise les éléments de la tragédie lyrique française à la suite de Gluck. Il y associe une musique limpide et lumineuse à la manière italienne. Et il excelle à rendre la dimension tragique du drame par la richesse d’une orchestration annonçant la puissance symphonique d’un Beethoven.

Equilibre étonnant entre classicisme et romantisme naissant, Médée, comme d’autres opéras de Cherubini, doit sa première résurrection aux Allemands. En 1855, pour la reprise de Médée à Francfort, Franz Paul Lachner (1803-1890), musicien et chef d’orchestre wagnérien,  compose des récitatifs en allemand pour remplacer les dialogues parlés. Il inaugure une suite de révisions successives qui nous empêchent aujourd’hui de retrouver la Médée originale. En 1865, on donne l’ouvrage en italien. C’est une version dans cette langue, avec les récitatifs de Lachner, qui finit par s’imposer en 1953 pour la prise de rôle de Maria Callas au Mai musical Florentin, puis à la Scala. Maria Callas interpréta Médée avec toutes les ressources de son formidable talent de tragédienne révélant au public une œuvre totalement oubliée. Des sopranos comme Leonie Rysanek ou Gwyneth Jones et des mezzo-sopranos comme Grace Bumbry ou Shirley Verrett, incarneront à leur tour la terrible Médée, partagée entre son obsessionnel désir de vengeance et ses sentiments maternels. Maria Callas sera de nouveau Médée dans le film de Pier Paolo Pasolini en 1969 mais  elle y incarne alors le personnage sans prononcer un seul mot.

Résumé

Jason est sur le point d’épouser Dircé, la fille de Créon, roi de Corinthe. Mais leur bonheur est menacé par le ressentiment et la jalousie de Médée, jadis aimée de Jason. Elle l’a aidé dans sa conquête de la Toison d’or et a eu deux fils avec lui. La vengeance de  Médée sera terrible et spectaculaire comme il convient à une magicienne. Aveuglée par la fureur, elle décide de faire périr la jeune mariée en lui offrant un diadème empoisonné. Puis, elle poignarde ses deux enfants. L’enfer s’ouvrira pour engloutir Médée qui disparaîtra en maudissant Jason.

Acte 1

À la veille de son mariage avec Jason, le héros qui a conquis la Toison d’or, Dircé est inquiète. Jason l’abandonnera-t-il comme il a abandonné la magicienne Médée qui lui a donné deux fils ? Et cette terrible Médée, ne va-t-elle pas essayer de se venger de cette trahison ? Elle arrive justement pour menacer Créon, le père de Dircé, et supplier Jason de revenir à elle (« Vous voyez de vos fils la mère infortunée » –  « Dei tuoi figli la madre tu vedi »). Jason repousse Médée qui promet une terrible vengeance (« Si tel est son malheur ton épouse en fuyant te percera le cœur » – « Medea col suo fuggit il cor strappera »).

Acte 2

Médée invoque les Euménides refusant de quitter Corinthe. Créon refuse de lui accorder l’asile et lui ordonne de partir sur le champ. Il finit par lui accorder un seul jour pour faire ses adieux à ses enfants. Médée tente alors vainement de fléchir Jason. Emportée par la fureur elle annonce à sa confidente, Néris, que sa vengeance sera terrible. Médée s’apprête à offrir comme cadeau de noces à Dircé une parure empoisonnée.

Acte 3

Au milieu de la nuit traversée d’éclairs, Médée invoque les dieux infernaux (« Dieux qui m’avez prêté » – « Numi, venite a me »). Elle hésite à sacrifier ses propres enfants dont la présence à ses côtés réveille ses sentiments maternels. Néris la supplie d’épargner ses enfants et de se contenter de la mort de Dircé, qui succombe au poison contenu dans la parure qu’elle vient de revêtir pour la cérémonie nuptiale. Jason arrive trop tard pour sauver ses fils. Médée entourée des Euménides apparaît brandissant le poignard ensanglanté avec lequel elle vient de tuer ses enfants. Tous sont saisis d’horreur et prennent la fuite tandis que l’enfer s’ouvre pour engloutir Médée. Le temple de Junon et le Palais sont dévorés par les flammes. 

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