La Nonne sanglante - La Nonne sanglante

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Description de l'Œuvre

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Opéra en cinq actes avec ballet et grands finales spectaculaires, La Nonne sanglante est le deuxième ouvrage que compose Charles Gounod (1818-1893), qui connaîtra cinq ans plus tard son plus grand succès avec Faust (1859), resté longtemps l’opéra le plus joué au monde. Le projet de La Nonne sanglante, envisagé dès 1840 par le prolifique dramaturge Eugène Scribe (1791-1861), se serait vu successivement proposé à Berlioz, Meyerbeer, Verdi, Halévy et Auber !
Après plusieurs modifications, le livret échoit finalement au jeune Gounod qui remporte un succès mitigé de très courte durée puisque l’ouvrage créé le 17 octobre 1854 disparaît de l’affiche dès le 17 novembre. Plus tard le compositeur expliquera : « Ce sujet était trop uniformément sombre (…) Il reposait sur une situation purement fantastique, sans réalité, et par conséquent sans intérêt dramatique ». La nonne « sanglante » n’est pas une effrayante meurtrière mais un spectre qui réclame la mort de celui qui l’a assassinée pour retrouver la paix éternelle. Le finale de l’ouvrage rappelle d’ailleurs celui du Vaisseau fantôme (1843) de Wagner avec une inversion des rôles : chez Gounod, c’est l’homme qui se sacrifie pour apporter le salut à la femme.

Il faudra attendre 2018, année de la célébration du bicentenaire de Gounod, pour que cet opéra sorte des encyclopédies musicales afin de ressusciter à Paris, à la Salle Favart.

Le livret s’inspire du plus emblématique des romans « gothiques » anglais, The Monk (1796), Le Moine. C’est l’œuvre d’un jeune auteur de 20 ans, Matthew Gregory Lewis (1775-1818), qui reprend une légende allemande du Moyen-Age en l’inscrivant dans un courant littéraire très en vogue à la charnière du XVIIIème et du XIXème siècle. Des châteaux hantés, des paysages nocturnes, des ruines et  des cimetières parcourus d’orages et de tempêtes servent de toiles de fond à des femmes persécutées ou des amants maudits, tourmentés par des fantômes ou des vampires. The Monk est aussi la source de Maria de Rudenz (1837) de Donizetti. Plusieurs ouvrages se rattachent à cet univers sombre et fantastique qui captive le public des années 1830. On peut citer Robert le Diable (1831) de Meyerbeer, ou Der Vampir (1828) de Marschner, ou, beaucoup plus tardivement, Guglielmo Ratcliff (1895) de Mascagni. Œuvre de jeunesse, La Nonne sanglante n’en révèle pas moins tout le talent mélodique de Gounod tandis que l’orchestre se pare de teintes sombres et fantastiques nourries par la richesse de tout un jeu de percussions.

Résumé

Au XIème siècle, en Bohème, Agnès Moldaw et Théobald Luddorf doivent se marier pour sceller la réconciliation de leurs deux familles qui se combattent depuis plusieurs générations. Ce projet contrarie les sentiments d’Agnès car elle partage la passion que lui voue Rodolphe, le fils cadet du comte Luddorf. Les deux amants décident de s’enfuir en profitant de l’apparition de la Nonne sanglante qui revient régulièrement hanter le château de ses ancêtres. A la suite d’une méprise, Rodolphe jure fidélité à ce fantôme qu’il a confondu avec Agnès. Pour le libérer de son serment, la Nonne exige de lui qu’il tue l’homme qui l’a assassinée. Or, cet assassin se révèle être le propre père de Rodolphe. Le jeune homme décide de s’exiler à jamais car il ne peut se résoudre à tuer son père. Découvrant toute la situation, le comte, accablé par le remords, se laisse tuer dans un guet-apens pour que la Nonne trouve enfin le repos éternel. 

Acte 1

Alors que les familles Moldaw et Luddorf sont ennemies depuis plusieurs générations, Pierre l’Ermite leur conseille de s’unir pour combattre les Infidèles. Le mariage d’Agnès Moldaw et de Théobald Luddorf scellera cette réconciliation. C’est sans compter sur l’amour d’Agnès et de Rodolphe, le jeune frère de  Théobald. Pour échapper à un mariage qu’ils refusent, les deux amants envisagent de fuir et Rodolphe demande à Agnès de se déguiser en fantôme car c’est la nuit où doit se manifester le spectre de la Nonne sanglante. Ce plan effraie Agnès qui finit par y consentir quand le comte chasse Rodolphe, hostile au mariage de son frère Théobald.

Acte 2

À minuit, Rodolphe emmène Agnès dans les ruines du château de ses ancêtres où il lui jure une fidélité éternelle. Soudain apparaît une table richement dressée et une marche nuptiale retentit. Hélas, Rodolphe s’aperçoit bientôt qu’il vient de jurer sa foi à la Nonne sanglante… qu’il a prise pour Agnès !

Acte 3

Rodolphe apprend que son frère Théobald vient d’être tué à la Croisade. Les deux amants pourraient donc s’unir, mais Rodolphe n’est plus libre car il est irrémédiablement lié à la Nonne sanglante. Cette dernière consent à délivrer le jeune homme de sa promesse s’il accepte de tuer l’homme qui l’a assassinée autrefois.

Acte 4

À minuit, au milieu des noces d’Agnès et de Rodolphe, la Nonne apparaît pour rappeler au jeune homme le pacte qu’il a accepté et elle lui désigne celui qu’il doit tuer. Il s’agit du propre père de Rodolphe, le comte Luddorf. Rodolphe interrompt la cérémonie, ce qui réveille la haine entre les Moldaw et Luddorf.

Acte 5

Le comteLuddorf est déchiré par le remords. Il surprend Rodolphe au moment où celui-ci révèle à Agnès toute la vérité en lui expliquant qu’il préfère s’exiler plutôt que de devenir le meurtrier de son propre père. Apprenant que les  Moldaw vont tendre un piège à son fils, le comte se laisse tuer à sa place. Luddorf expire sur la tombe de la Nonne qui peut enfin trouver le repos éternel.

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