La Pie voleuse - La Gazza ladra

Informations Description
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Informations générales

  • Compositeur :Gioacchino Rossini
  • Librettiste :Giovanni Gherardini
  • Année de création :1817
  • Lieu de création :Italie
  • Nombre d'acte :2
  • Langue originale :Italien
  • Maison d'opéra de la production originale :Teatro alla Scala di Milano.

Description de l'Œuvre

Description Acte 1 Acte 2

Présente dans les concerts symphoniques où brille souvent son Ouverture, La Pie voleuse (La Gazza Ladra) est une des œuvres les plus injustement méconnues de Rossini alors qu’elle rencontra un grand succès à sa création. Est-ce sa longueur ou la richesse de sa distribution qui éloignent cet « opera semiseria » des scènes lyriques ?
Ouvrage de transition, La Pie voleuse occupe une place unique dans la production de Rossini. En mélangeant comédie et tragédie, gaité et sentimentalisme, le compositeur réalise une alliance entre éléments bouffes et sérieux qui porte en germe les caractéristiques du réalisme musical romantique. L’intensité dramatique de certains passages, comme la poignante marche au supplice ouvrant le Finale de l’acte 2, entretient une atmosphère très sombre, assez inhabituelle chez Rossini.

La trame de l’opéra suit de très près un mélodrame de boulevard basé sur un fait divers réel. En 1817, deux auteurs français, d’Aubigny et Caigniez remportent un grand succès avec La Pie voleuse ou la Servante de Palaiseau en s’inspirant d’une erreur judiciaire aussi étonnante qu’affligeante : une servante est injustement condamnée à mort pour de menus larcins dont la coupable n’est autre qu’une pie ! La ville de Palaiseau institua une messe appelée « la messe de la pie » en mémoire de la jeune fille, comme nous le relate Stendhal qui souligne qu’avec cette affaire un Allemand aurait fait une œuvre résolument dramatique alors qu’un Italien « fait de la belle musique sur un sujet abominable ». On retrouvera bien plus tard les effets d’une accusation injuste traités très différemment dans le Lohengrin (1850) de Wagner... Le thème de l’innocence persécutée, prétexte à l’exaltation de nouvelles vertus comme le courage ou la fidélité était typique de la « pièce à sauvetage ». Très en vogue depuis la Révolution française, ce type de drame devait se conclure sur une fin heureuse, la catastrophe annoncée ayant été évitée in extremis par un coup de théâtre. Le Fidelio (1814)  de Beethoven se rattache à ce courant. La Ninetta de La Pie voleuse, beauté villageoise victime d’une calomnie injuste, annonce d’autres héroïnes comme celle de La Somnambule (1831) de Bellini ou celle de Linda de Chamonix (1842) de Donizetti. Toutes ces similitudes dessinent une constellation d’œuvres ouvrant de nouveaux horizons dramatiques et musicaux qui sont ceux du romantisme.

Résumé

Au cours d’une fête donnée chez le riche fermier Fabrizio Vingradito survient un petit incident qui va avoir de graves conséquences : une fourchette en argent a disparu et la maîtresse de maison, Lucia, accuse Ninetta d’en être responsable. La jeune servante doit épouser Giannetto, le fils de Fabrizio et Lucia, mais la mère ne voit pas d’un bon œil cette future union. Quand il manque à nouveau une cuillère en argent, elle accuse la pauvre Ninetta de l’avoir volée. Toutes les apparences indiquent que la jeune fille est coupable et elle est jetée en prison au grand désespoir de son fiancé. Le Podestat du village qui a des vues sur Ninetta lui promet de la faire libérer si elle cède à ses avances. Face à ses refus, il jure d’assouvir sa vengeance en la faisant condamner. Ninetta est bel et bien condamnée à mort pour crime de vol domestique. Un coup de théâtre viendra suspendre l’exécution de la sentence : on vient de découvrir les précieux couverts en argent dans le nid d’une pie ! Le village entier laisse éclater sa joie : la consternation est changée en plaisir et en allégresse. Ninetta assise sur un char orné de fleurs, est accompagnée par les paysans qui célèbrent son bonheur retrouvé avec Giannetto, qu’elle pourra épouser.

Acte 1

Chez Fabrizio et Lucia tout le monde se prépare joyeusement à accueillir Giannetto, le fils de la famille. De retour de l’armée, il doit épouser Ninetta qui travaille au service de ses parents. La jeune fille est impatiente de retrouver son fiancé et son père qui devrait lui aussi revenir. Lucia est agacée car elle n’envisage pas d’un très bon œil le mariage de son fils avec Ninetta qu’elle accuse de négligence. Une fourchette en argent vient justement de disparaître. Lucia et Fabrizio partent avec leur fils  pour rendre visite à un oncle en confiant le soin de la maison à Ninetta. Bientôt se présente un homme en haillons en qui la jeune fille reconnaît son père, Fernando. Ce dernier lui avoue qu’il est recherché et condamné à mort après une altercation avec son lieutenant. Il demande à sa fille de vendre à un marchand ambulant, Isacco, un couvert en argent qui constitue sa seule fortune. Survient alors le Podestat du village venu courtiser Ninetta. Elle parvient à l’éloigner et elle vend comme prévu le couvert à Isacco. Mais Ninetta n’a pas vu qu’une pie vient de voler une cuiller en argent restée sur la table. Au retour des maîtres de maison, tout semble indiquer que Ninetta a volé cette cuillère pour la revendre à Isacco. Afin de ne pas compromettre son père qui est recherché comme déserteur, la jeune fille se laisse arrêter et mettre en prison.

Acte 2

Emprisonnée, Ninetta continue de résister aux avances du Podestat qui promet de la libérer si elle lui cède. Désespéré, Giannetto rend visite à sa fiancée, comme Pippo, le garçon de ferme, qui s’engage à l’aider. Au tribunal, Ninetta est condamnée à mort. Giannetto la supplie de parler pour se disculper mais elle refuse de dénoncer son père. Soudain, Fernando fait irruption dans la salle du tribunal. Il veut sauver sa fille et ne réussit qu’à se faire arrêter lui aussi. Le cortège qui conduit Ninetta au supplice se met en marche. Coup de théâtre : Pippo a retrouvé tous les objets volés dans le nid d’une pie ! Sauvée in extremis, Ninetta est  triomphalement placée dans un char décoré de fleurs. On annonce que son père va bénéficier d’une grâce royale. Chacun s’abandonne à la joie : Ninetta et Giannetto pourront enfin se marier. Seul le Podestat reste en dehors de la liesse générale. 

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