Roi Roger - Król Roger

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Description de l'Œuvre

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En 1965, lors de la réouverture de l’opéra de Varsovie reconstruit à l’emplacement de l’ancien bâtiment détruit pendant la guerre, Le Roi Roger figurait au programme inaugural à côté de deux ouvrages emblématiques de l’opéra polonais, Halka (1858) et Le Manoir hanté (1865) de Stanislas Moniuszko (1819-1872). Adapté d’une chanson de geste allemande du XIIème siècle, l’ouvrage de Karol Szymanowski (1882-1937) occupe une place privilégiée dans le répertoire lyrique polonais qui n’est pas des plus étoffés. Créé un an avant l’Oedipus Rex de Stravinsky (1882- 1971) dont il se rapproche par l’évocation de l’Antiquité, Le Roi Roger est plus proche de l’oratorio que de l’opéra. L’absence d’une véritable progression dramatique explique sans doute les réticences que l’œuvre suscita dès sa création. Un critique soulignait que Le Roi Roger rencontrerait le succès « après que le goût du public eut suffisamment évolué pour être capable d’en saisir toute la beauté ».

Szymanowski mit beaucoup de lui-même dans cet opéra auquel il se consacra de 1918 à 1924 au gré de ses nombreux voyages. Il délaissa provisoirement son projet pour se consacrer à l’écriture d’un roman autobiographique, Efebos. Ony perçoit déjà toute sa fascination pour l’Orient qui s’exprimera pleinement dans son futur opéra. Dans ce livre qui témoigne d’un grand talent d’écrivain, il évoque également son homosexualité. Le compositeur écrit le livret du Roi Roger en étroite collaboration avec son ami et cousin l’écrivain Jaroslaw Iwaszkiewicz (1894-1980).Le personnage du Berger qui tient à la fois du Christ et de Dionysos sert de catalyseur en permettant au Roi Roger de se révéler à lui-même pour construire sa véritable personnalité.

On retrouve toutes les influences musicales marquantes du XXème siècle naissant dans cet opéra : l’impressionnisme de Debussy, les fulgurances du Sacre du Printemps (1913) de Stravinsky et les échos du post-romantisme allemand. Szymanowski eut comme professeur de piano Gustav Neuhaus (1847-1938), le père du célèbre professeur Heinrich Neuhaus (1888-1964). Cette première formation le conduira à revendiquer constamment sa filiation spirituelle avec Chopin.

Résumé

Au XIIème siècle en Sicile, on dénonce au Roi Roger un mystérieux étranger venu d’Orient pour proclamer un nouveau Dieu de paix et d’amour. Le Roi et la Reine Roxane finissent par succomber au charme de ce prédicateur qui attire tous ceux qui l’approchent. Cependant au terme d’une cérémonie dionysiaque, Roger parviendra à retrouver la sérénité dans une contemplation émerveillée du soleil naissant.

Acte 1

Dans la cathédrale de Palerme, on célèbre la Grand-Messe en présence du Roi Roger entouré de toute sa cour. On signale au Roi qu’un Berger sème la confusion chez les fidèles en tenant des propos hérétiques. On fait comparaître le Berger devant le Roi et son épouse, Roxane. Tous deux sont troublés par ce curieux personnage qui proclame sa foi en un Dieu jeune et beau. Roger condamne le Berger au bannissement. Puis, il revient sur sa décision, en lui demandant de revenir le voir le soir même au palais.

Acte 2

Roger confie son trouble au sage Edrisi. Le Berger fait son entrée au Palais avec un groupe de disciples. Il salue le Roi « au nom du Dieu d’amour, venu d’Orient ». Le Berger prophète séduit l’assistance grâce à son exceptionnel charisme. Il invite chacun à le suivre dans une danse frénétique. Resté seul, Roger est désespéré. Il abandonne tous ses insignes royaux et décide lui aussi de suivre le cortège qui a entraîné à sa suite la reine Roxane. 

Acte 3

Accompagné d’Edrisi, le Roi Roger est parvenu dans les ruines d’un théâtre grec où s’est tenu un sacrifice. La reine Roxane et le Berger apparaissent. Roxane révèle à son époux les secrets du culte dionysiaque. Le Berger se présente comme la réincarnation de Dionysos. Une cérémonie pleine de frénésie s’organise entre des participants changés en satyres et en bacchantes. Ce cortège endiablé disparaît à la suite du Berger, laissant Roger, seul, dans la lumière du soleil naissant. Le Roi a triomphé. Il est transfiguré par l’expérience qu’il vient de surmonter en parvenant à concilier les deux principes opposés, le dionysiaque et l’apollinien.

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