Une tragédie florentine - Eine floren...

Informations Description
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Informations générales

  • Compositeur :Alexander Von Zemlinsky
  • Librettiste :Max Meyerfeld
  • Année de création :1917
  • Lieu de création :Allemagne
  • Nombre d'acte :1
  • Langue originale :Allemand
  • Maison d'opéra de la production originale :Oper Stuttgart

Description de l'Œuvre

Description Acte unique

Chef d’orchestre remarquable et pédagogue hors pair, Zemlinsky faisait malheureusement partie de ces musiciens juifs condamnés sans retour par « l’art officiel » nazi, au même titre que Korngold ou Schoenberg qui avaient été ses élèves. Cette triste circonstance a certainement nui à la diffusion de ses opéras. Renonçant à suivre les innovations radicales d’Arnold Schoenberg (qui avait épousé sa propre sœur), Zemlinsky ne va pas jusqu’à l’atonalité totale. Il se contente d’infléchir les règles de l’harmonie. Cette position médiane, entre post-wagnérisme et modernité radicale explique aussi l’oubli dans lequel l’ensemble de son œuvre est tombé alors qu’elle possède de réels atouts pour retenir l’attention du mélomane. A commencer par l’originalité et l’étrangeté des sujets abordés par le compositeur avec une richesse orchestrale qui confine à une luxuriance rappelant le style de Richard Strauss ou celui de Gustav Mahler. 

Dans Une tragédie florentine, le riche mais disgracieux marchand Simone triomphe de son rival, le jeune et beau Guido Bardi, qu’il étrangle sous le regard subjugué de son épouse subitement reconquise par un mari dont elle découvre et admire la force animale.
En prenant  pour sujet de son opéra une pièce qu’Oscar Wilde avait laissée inachevée en raison de son arrestation en avril 1895, Zemlinsky obéissait à sa fascination pour ce qu’il appelait « la tragédie de l’homme laid ». Il avait lui-même vécu les humiliations et les désespoirs liés à la disgrâce physique au cours de sa brève et violente liaison avec Alma Schindler, qui le quitta en 1902 pour devenir l’épouse de Gustav Mahler. La jeune femme dresse un portrait vraiment repoussant de son malheureux amant qu’elle décrit comme un « petit gnome monstrueux ». Une tragédie florentine consacre la suprématie de l’homme fort et rusé sur l’homme à la beauté faussement irrésistible. L’épouse volage voit son bel amant mourir sans un regret. Elle lui préfère la force aveugle qui aiguise le désir de meurtre chez son mari. Ce drame puissant au charme délétère, que Puccini avait lui aussi  songé à mettre en musique, s’achève sur un terrible corps-à-corps souligné par des cuivres déchaînés. La partition offre d’évidentes parentés avec l’Elektra(1909) de Strauss. 1977 a marqué la renaissance d’Une tragédie florentine en France à travers une série de reprises de l’œuvre – qui fut aussi très souvent donnée en version concert : c’était le cas lors de la création parisienne en 1989 au Théâtre des Champs-Élysées. 

Résumé

Simone, un riche marchand florentin, feint de vouloir se concilier les bonnes grâces du beau prince Guido qu’il soupçonne avec raison d’être l’amant de sa femme. Feignant l’obséquiosité, il endort la méfiance de l’aristocrate qu’il finit par convaincre d’accepter un combat à mains nues. En étranglant son rival, Simone suscite l’admiration de sa femme, définitivement subjuguée par cette démonstration de force animale.

Acte unique

De retour chez lui, Simone surprend sa femme Bianca en compagnie du Prince Guido Bardi. Loin de s’offusquer de la trahison de son épouse, il engage un dialogue des plus courtois avec le bel aristocrate, auquel il vante même les qualités de riches vêtements qu’il se propose de lui vendre. Enhardi, Guido finit par aller jusqu’à lui demander le prix de son épouse. Simone ne laisse rien voir de son trouble, même si ses propos commencent à prendre une tournure menaçante. Il ordonne à sa femme de fermer portes, volets et rideaux. Simone laisse les deux amants qui s’embrassent avec passion. Le mari feint toujours de n’avoir rien vu, mais il propose à Guido de se mesurer à lui à l’arme blanche. Guido accepte et blesse Simone moins jeune et moins habile que lui. Le rusé marchand propose ensuite un combat à mains nues au cours duquel il terrasse définitivement son imprudent rival. « Pourquoi ne m’as-tu jamais dit que tu étais si fort ? » lui demande alors sa femme, éblouie par son exploit meurtrier. « Pourquoi ne m’as-tu jamais dit que tu étais si belle ? » lui répond-t-il en l’embrassant.

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