Arminio - Arminio

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Description de l'Œuvre

Description Acte 1 Acte 2 Acte 3

Allemand naturalisé anglais, George Friedrich Haendel(1685-1759) est l’exemple même de l’artiste européen. Durant une trentaine d’années, à la suite du succès de Rinaldo (1711), le musicien devint pour les Londoniens le champion de l’opéra « seria » italien. Les cabales artistiques et politiques, ajoutées à la versatilité du public, finiront par avoir raison de la persévérance de Haendel en dépit de ses talents de compositeur et de chef d’orchestre alliés à ceux d’impresario et de directeur de théâtre. Arminio s’inscrit dans un contexte de forte rivalité avec ses concurrents directs du fameux « Opera of the Nobility », une troupe fondée et soutenue par le prince de Galles. Arminio devait disparaître de l’affiche après six représentations seulement au Covent Garden de Londres. Quatre ans plus tard, Haendel faisait ses adieux à l’opéra italien avec Deidamia (1741). Le compositeur allait désormais se consacrer à l’écriture d’oratorios bibliques en anglais.

Dans la quarantaine d’opéras que laisse Haendel, on ne trouve évidemment pas que des chefs-d’œuvre et il serait vain de prétendre qu’Arminio puisse être comparé à Tamerlano (1724), Alcina (1735) ou Ariodante (1735). Complètement oublié jusqu’en 1935, l’ouvrage souffre d’une partition qui laisse souvent deviner un manque d’inspiration chez un compositeur pressé par le temps : Arminio est écrit en moins d’un mois.
À cela s’ajoutent les maladresses du livret adapté pour Haendel à partir d’un premier texte d’Antonio Salvi (1664-1724) donné dès 1703 avec une musique d’Alessandro Scarlatti (1660-1725). L’intrigue reprend un épisode des Annales de Tacite relatant la terrible défaite du général romain Quintilius Varus battu en l’an 9 par Arminius (Hermann), le chef des tribus germaniques. Varus fut massacré avec ses légions dans la forêt de Teutoburg à l’emplacement où devait être érigé en 1895 un monument gigantesque, haut de trente mètres, le « Hermannsdenkmal », imposant symbole d’unité et de fierté nationale. Comme le plus souvent dans l’ « opera seria », les événements historiques ne fournissent qu’une trame assez mince à un drame opposant amour et jalousie, devoir et trahison.
Alors pourquoi Arminio n’a-t-il pas définitivement sombré dans l’oubli ? Parce que malgré d’évidents défauts, on y trouve quelques pages exceptionnelles comme l’air d’entrée de Sigismond : « Non son sempre » ou l’air « de fureur » de Tusnelda au second acte. Ces airs d’une écriture complexe et raffinée s’imposent à l’auditeur qui y retrouve la marque du génie de Haendel. Arminio a la particularité de comporter deux premiers rôles masculins créés par deux grands castrats, Domenico Annibali (1705-1779) et Domenico Conti (1740-1817). Alan Curtis (1934-2015), une des figures marquantes de la renaissance du baroque, a dirigé Arminio au Festival de Sienne en 2000. Depuis 2015, le contre-ténor Max Emanuel Cencic a entrepris de ressusciter Arminio en estimant qu’il avait été injustement déprécié.

Résumé

Arminio, chef des Germains, a été vaincu et fait prisonnier par le général romain Varo, secondé par Ségeste qui a choisi de se rallier à la puissance romaine. Varo est amoureux de Tusnelda qui est à la fois l’épouse d’Arminio et la propre fille de Ségeste, désireux d’éliminer son gendre pour parvenir à un accord de paix avec l’envahisseur romain. Ségeste doit aussi justifier sa trahison aux yeux de son fils, Sigismondo, déchiré entre sa loyauté envers son père et son amour pour sa fiancée, Ramise, la sœur d’Arminio.  Dès lors chacun des protagonistes va agir pour atteindre le but qu’il s’est fixé : Arminio refuse le joug romain, Varo essaie de gagner le cœur de Tusnelda, Ségeste veut faire condamner Arminio, tandis que Tusnelda et Ramise font tout pour le sauver. Finalement, la situation connaîtra un renversement complet avec l’intervention de Sigismondo : en délivrant Arminio, il rendra possible la défaite des Romains et la mort de Varo. Arminio retrouve son épouse Tusnelda et accorde la main de sa sœur Ramise à Sigismondo.

Acte 1

Les légions romaines commandées par Varo sont sur le point de l’emporter sur les troupes germaniques menées par Arminio. Alors que Tusnelda, son épouse, lui conseille de fuir pour préparer une nouvelle offensive, Arminio est arrêté grâce à la trahison de Ségeste, le propre père de Tusnelda. Varo ne peut résister à la passion qu’il éprouve pour Tusnelda, déchirée entre son époux et son père – bien décidé, celui-ci, à faire périr son gendre pour conclure la paix avec les Romains. Indignée par la trahison de Ségeste, Ramise, la sœur d’Arminio, repousse son fiancé Sigismondo, qui n’est autre que le frère de Tusnelda et donc, le fils de Ségeste… Au conflit politique s’ajoute un conflit familial et amoureux. 

Acte 2

Ségeste milite pour l’exécution de son gendre Arminio, en souhaitant que sa fille Tusnelda épouse Varo pour consolider la paix. Arminio refuse de se soumettre au joug romain et Tusnelda préfère suivre son époux dans la mort plus tôt que de céder aux conseils de son père. Sigismondo tente de convaincre sa fiancée Ramise qu’il lui est resté fidèle malgré la trahison de son père. En l’assurant de son estime et de sa gratitude, Tusnelda demande à Varo de sauver Arminio qui va être exécuté. 

Acte 3

Fidèle à la promesse qu’il a faite à Tusnelda, Varo tente d’empêcher l’exécution d’Arminio tandis que Ségeste fait tout pour la hâter. Une dépêche annonce que les tribus germaniques ont repris l’offensive. Varo repart au combat en laissant son camp sous le commandement de Ségeste. Tusnelda et Ramise renoncent au désespoir et décident d’agir. Elles menacent de se suicider si Arminio n’est pas libéré. Sigismondo déchiré entre son sens du devoir et son amour pour Ramise, finit par se ranger du côté des deux femmes en libérant Arminio. Ségeste fait arrêter Ramise et Sigismondo, mais la victoire d’Arminio sur les troupes romaines et la mort de Varo ont fait basculer la situation. D’abord amer et furieux, Ségeste s’incline devant la noblesse de caractère d’Arminio qui lui accorde son pardon. Tusnelda est de nouveau unie à son mari qui offre la main de sa sœur Ramise à Sigismondo. Le chœur célèbre leur bonheur à venir et le triomphe de la paix et de la vertu.

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