Gawain - Festival de Salzbourg (2013) - Gawain - Salzburger Festspiele (2013)

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Informations générales

  • Titre de la production :Gawain - Salzburger Festspiele (2013)
  • Œuvre - Compositeur :Gawain - Harrison Birtwistle
  • Maison d'opéra :Felsenreitschule

Description

En guise d’ouverture lyrique, l’édition 2013 du Festival de Salzbourg espérait donner une nouvelle création György Kurtág. Las, l’œuvre n’est pas prête dans les temps et le Festival donnera finalement Gawain, l’opéra du Britannique Harrison Birtwistle. On redécouvre une œuvre atypique et rare, accueillie diversement lors de sa création en 1991 au Royal Opera House (remaniée depuis en 1994 et 1998, pour être raccourcie et condensée) mais qui a de quoi piquer la curiosité des mélomanes.
Harrison Birtwistle, considéré comme l’un des principaux compositeurs anglais depuis Britten, se veut l’un des tenants du modernisme musical (inspiré par Stravinsky, Schoenberg ou Berg), encore peu présent en Grande-Bretagne et rompant avec les traditions musicales en vigueur outre-Manche – et expliquant peut-être aussi l’accueil mitigé réservé à Gawain par un certain public britannique.

De la connaissance de soi

Pour autant, si la musique de Harrison Birtwistle s’inscrit dans les courants modernistes, il ancre la trame de l’œuvre dans un récit traditionnel, inspiré de « Sire Gauvain et le Chevalier Vert », poème épique classique de la littérature anglaise du Moyen Âge faisant les hautes heures du mythe arthurien.
Gauvain (Gawain), neveu d’Arthur est considéré comme le chevalier de la table ronde le plus preux et le plus courageux, incarnant l’idéal chevaleresque de l’époque. Pour autant, lorsqu’il est confronté à la mort (suite à un défi, il devra accepter de se laisser trancher la tête par le Chevalier Vert), il concèdera des entorses à son code moral – ici, pour sauver sa vie, Gauvain a menti, cédé à la peur et rechigné à tenir pleinement sa parole donnée. Pour autant et au-delà de la morale véhiculée par le poème épique, le Gawain de Birtwistle fait évoluer les enjeux de l’histoire originale.

Dans le poème épique, la fée Morgane fomente la perte d’Artur, cherchant à mettre en lumière les faiblesses morales de la cour. Dans l’œuvre de Birtwistle, les complots ourdis par Morgane sont toujours le cœur de l’intrigue, mais Arthur et sa cour font déjà montre d’une certaine déliquescence morale (plus enthousiasmés par les « jeux de courage » que par la réelle vertu). Dès lors, les agissements de Morgane n’ont pas seulement vocation à mener Arthur à sa perte (ou simplement accélérer cette déchéance), mais aussi à révéler le preux chevalier Gauvin à lui-même. À force manipulation et de sorcellerie, elle le guidera tout au long d’une quête initiatique le conduisant à mieux se connaitre lui-même pour surmonter ses propres faiblesses morales – la connaissance et l’acceptation de soi apparaissent comme le cœur l’interprétation du mythe par Harrison Birtwitle.

Des influences wagnériennes

Dans ce contexte, Morgane apparait ici comme un personnage emblématique de l’œuvre, sans doute plus encore que dans le mythe arthurien original. Morgane n’est plus uniquement la fée maléfique du conte épique qui ourdit des complots dans l’ombre, elle est aussi une messagère (voire une guide spirituelle) pour Gauvain.
Et dès lors, Gawain prend des accents wagnériens – et on retrouve ici la ligne directrice de l’édition 2013 du Festival de Salzbourg, qui met en perspective l’œuvre wagnérienne dont on commémore cette année le bicentenaire de la naissance et ses influences à travers le temps. Les thématiques chevaleresques développées dans Gawain affichent des accents wagnériens évidents (pour Rhian Samuel dons son Birtwistle’s Gawain : an Essay and a Diary publié en 1992 dans le Cambridge Opera Journal, « l’esprit wagnérien s’exprime dans l’œuvre [d’Harrison Birtwistle], dévoilant un sens du drame et une trame narrative transportant Gawain vers de nouveaux territoires »).
On y retrouve la même inspiration dans le traitement, notamment musical, des personnages. Pour Jean-Philippe Héberlé dans son analyse de l’œuvre (Gawain de Harrison Birtwistle : un opéra (extra-) national ?), Morgane n’est plus uniquement la fée maléfique du conte épique, elle apparait presque comme une walkyrie wagnérienne, messagère (voire guide spirituelle) de Gauvain le révélant à son idéal chevaleresque. Et la musique de Birtwistle se nourrit tout autant des influences du compositeur allemand que ce soit dans les leitmotivs qui ponctuent l’œuvre (les répétitions font échos aux répétitions scénaristiques du livret), voire dans les motifs de certains personnages.

Dans le cadre de son édition 2013, le Festival de Salzbourg entend mettre l’œuvre de Wagner (et Verdi) en perspective, étudier les œuvres qui ont influencées les deux compositeurs comme celles qui se sont nourries de leur création. Gawain s’inscrit sans doute dans cette lignée, tout en éclairant les originalités de la musique anglaise dans sa modernité comme son respect des traditions.

Plus d'informations sur Gawain sont disponibles sur le site officiel du Festival de Salzbourg.

Dates de représentations

26 juillet 2013 19:30:00

29 juillet 2013 16:30:00

02 août 2013 19:30:00

08 août 2013 19:30:00

15 août 2013 19:00:00

La distribution

Ingo Metzmacher

Laura Aikin

Jennifer Johnston

Jeffrey Lloyd-Roberts

Gun-Brit Barkmin

Brian Galliford

Christopher Maltman

Andrew Watts

John Tomlinson

Personnages de l'œuvre

Chef d'orchestre

Morgan Le Fay

Lady de Hautdesert

King Arthur

Guinevere

A Fool

Gawain

Bishop Baldwin

The Green Knight / Bertilak de Hautdesert

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