Le Met annonce sa prochaine saison : six nouvelles productions et toujours de grands noms

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En dépit de la crise financière traversée ces dernières saisons, Peter Gelb, le directeur du Metropolitan Opera, annonçait ce mercredi la programmation 2015-2016 de la maison new-yorkaise. À l’affiche, quelque six nouvelles productions parmi les vingt-quatre proposées – et ces productions inédites sont certes moins nombreuses que les années précédentes, mais sont comme toujours toutes portées par des distributions prestigieuses, composées tantôt de figures montantes de la scène lyrique internationale, tantôt d’interprètes de renom devant contribuer à remplir la salle new-yorkaise.

Ainsi, c’est Otello de Verdi qui lancera cette nouvelle saison, dans une production signée Bartlett Sher (qui compte plus d’une vingtaine de mises en scènes shakespeariennes à son actif) et confiée à la baguette de Yannick Nezet-Seguin. Et surtout forte d’une distribution particulièrement prometteuse : Aleksandrs Antonenko dans le rôle-titre, aux côtés de Sonya Yoncheva en Desdemone et de Zeljko Lucic. Le metteur en scène américain promet un spectacle qui mettra à rude épreuve la machinerie de la salle new-yorkaise, très mouvementé, dans un décor alliant modernité et style typique du 19èm siècle anglais. Une mise en scène devant faire ressortir le doute qui empli l’esprit d’Otello et qui altère sa perception de la réalité…

Le sud-africain William Kentridge viendra secouer les mélomanes new-yorkais (parfois réputés un brin conservateurs en matière d’opéra) avec le très particulier Lulu de Berg. Nouvelle tentative visant à apporter un peu de modernité – après le très réussi Nez de Chostakovitch la saison passée –, cette production s’inscrit dans la démarche affirmée de Peter Gelb d’apporter un souffle novateur sur les planches du Met. James Levine y dirigera Marlis Petersen devenue incontournable ces dernières années dans ce rôle de femme fatale.

Les Pêcheurs de perles de Bizet reviendra après cent ans d’absence sur la scène new-yorkaise, emmené par un plateau vocal charmeur composé de Diana Damrau, Mariusz Kwiecien, Matthew Polenzani, ainsi que de Nicolas Testé. Cette co-production avec l’English National Opera, imaginée par la réalisatrice et metteure en scène britannique Penny Woolcock, est transposée dans le Sri-Lanka contemporain, sur les rondins vétustes d’un modeste village sur pilotis aux toits de tôle. Un cadre qui doit contribuer à susciter une sensation de contraste entre le caractère sévère de la production et le romantisme de l’œuvre de Bizet.

Le Met propose ensuite la Manon Lescaut que l’établissement new-yorkais coproduisait avec l’opéra de Baden-Baden – qu’on a déjà pu voir en Allemagne en avril de l’année dernière. Transposant l’action au cœur de la France occupée des années 1940, dans une esthétique très inspirée de celle du film noir emblématique du cinéma américain, la mise en scène de Richard Eyre peinait parfois à convaincre. Le Metropolitan y convie néanmoins une nouvelle distribution et pas des moindres : Jonas Kaufmann et Kristine Opolais reprennent les rôles qu’ils endossaient, avec succès, en début d’année sur la scène du Covent Garden de Londres.

Surtout l’un des événements majeurs de cette nouvelle saison, Roberto Devereux sera mis en scène sur les planches du Met pour la toute première fois dans une production de Sir David McVicar, avec notamment Sondra Radvanovsky qui incarnera tout au long de la saison les trois reines Tudor : Anna Bolena, Maria Stuarda et Elizabeth I (une trilogie inédite au cours d’une même saison lyrique), dirigée pour chacune de ces occasions par le célèbre metteur en scène anglais.

Elektra viendra enfin clôturer cette saison dans l’emblématique production de Patrice Chéreau, unanimement saluée à Aix-en-Provence en 2013 et rôdée depuis sur les plus grandes scènes d’Europe, portée par un (nouveau) superbe duo germanique : l’inégalée Nina Stemme dans le rôle-titre, aux côtés de la légendaire Waltraud Meier.

 

Enfin, si le nombre de nouvelles productions parait en-deçà des ambitions d’autres maisons d’opéra, l’exigence vocale du Met est toujours aussi haute, en témoignent les distributions des reprises de cette programmation, parmi lesquelles on notera : Il Trovatore avec Anna Netrebko ; Roberto Alagna successivement aux côtés de Violetta Urmana et de Kristine Opolais dans Cavalleria Rusticana puis dans Madame Butterfly ; Placido Domingo que l’on ne présente plus en Simon Boccanegra sera aussi dans la fosse où il dirigera Tosca avec Oksana Dyka et Angela Gheorghiu ; l’indémodable (?) et classique production montmartro-parisienne de La Bohème de Franco Zeffirelli avec Bryan Hymel et Ramon Vargas ; la réussie La Dame du Lac de la saison précédente avec Joyce DiDonato (mais sans Juan Diego Florez, pour une fois absent de la programmation du Met) ; Don Pasquale avec Javier Camarena et Ambrogio Maestri ; L’Elixir d’amour avec Aleksandra Kurzak et Vittorio Grigolo ; la récente production « casino » de Rigoletto avec successivement Simon Keenlyside et Zeljko Lucic dans le rôle-titre aux côtés de Piotr Beczala ; Tannhäuser avec Eva-Maria Westbroek et Johan Botha ; Les Noces de Figaro avec Mikhail Petrenko, Rachel Willis-SørensenAnita Hartig et Isabel Leonard ; ou encore Turandot avec Nina Stemme et Marcelo Alavarez

Comme de coutume, toutes les nouvelles productions ainsi qu’une sélection de reprises seront retransmises dans le cadre du programme Live HD du Metropolitan Opera via son site officiel, ou dans les cinémas français dans le cadre de Pathé Live. 

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