Gérard Mortier est décédé

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On le savait lutter contre un cancer du pancréas depuis l'an passé, et la maladie l'a finalement emporté. Gérard Mortier, âgé de 70 ans, est décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Le célèbre homme de théâtre belge – grand agitateurs d'idées, grand humaniste, et infatigable innovateur - occupait le poste de conseiller artistique au Teatro Real de Madrid, après avoir dirigé quelques-uns des plus prestigieux festivals et maisons d'opéra en Europe.

D'abord le Théâtre Royal de La Monnaie de Bruxelles, de 1981 à 1992, devenu sous son mandat, l'une des principales scènes lyriques internationales. Ce fut ensuite le Festival de Salzbourg (de 1992 à 2001) dont il prit les rênes à la mort de Herbert von Karajan (qui le dirigeait depuis 1956), et y fit souffler un vent nouveau, en défendant sans relâche la modernité de l’art lyrique et sa dimension théâtrale, en l'ouvrant sur la réalité du monde d'aujourd'hui, et en imposant une part importante de musiques du 20ème siècle, ainsi que de nombreuses créations. Après avoir créé - et dirigé pendant trois ans - le Festival triennal de la Rhur, il assure le destin, de 2004 à 2009, de l'Opéra national de Paris, où il est décrié, et a maille à partir avec une frange « conservatrice » du public parisien, qui lui est franchement hostile. Il y révèle des metteurs en scène tels que Christoph Marthaler, Kristof Warlikowski, Michael Haneke ou encore Dimitri Tcherniakov, aux partis pris radicaux et avant-gardistes, qui sont diversement appréciés dans la Capitale. Un temps pressenti pour prendre la direction du New York City Opera, il se retira finalement du projet pour des causes de restrictions budgétaires, et fut nommé, en 2010, directeur général du Teatro Real de Madrid, avant d'être brutalement (et honteusement) « déclassé » au rang de simple conseiller artistique, trois ans avant la fin de son mandat, qui devait courir jusqu'en 2016.

Gérard Mortier devait être le premier lauréat du « Mortier Award », un prix qui porte son nom, et qui a pour pour mission de récompenser les professionnels de l'opéra qui font preuve d'audace et qui se distinguent par leurs innovations. Il devait lui être remis le 31 mai à Graz, en Autriche, et il le recevra donc à titre posthume.

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