Les Contes d’Hoffmann à l'Opéra de Toulon

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Pour cette nouvelle production des Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach - présentée ces jours derniers à l'Opéra de Toulon après avoir été étrennée à Piacenza le mois passé -, c'est la traditionnelle version Choudens qui a été retenue, à laquelle on aurait pourtant préféré celle - plus récente et complète - de Jean-Christophe Keck. Sont ainsi absents le « Trio des yeux », l'air de Giuletta ainsi que la scène de la Muse dans le Prologue, tandis que l'air apocryphe « Scintille diamant » est lui conservé.

A cette version traditionnelle répond une mise en scène tout aussi traditionnelle. Même si on peut là aussi préférer les visions décapantes d'un Olivier Py ou d'un Robert Carsen, on ne peut que saluer le professionnalisme de Nicola Berloffa, à qui a été confié la production : simple et bien en situation par rapport au livret. C'est une intéressante idée que de grimer le Docteur Miracle en sorte de Folamour nazi tandis que la mère d'Antonia prend elle l'allure d'une vampire vêtue d'une robe de mariée. On a également beaucoup apprécié la boule multi-facettes qui illumine de mille feux la salle comme une pierre précieuse pendant l'air de Dapertutto « Scintille diamant ».

Victime d'un refroidissement, le ténor belge Marc Laho assure dignement, pour l'essentiel, les difficultés d'un rôle parmi les plus exigeants du répertoire. Mal à l'aise dans la tessiture de Nicklausse, Sophie Fournier procure un malaise constant par l'instabilité de ses intonations, mais impressionne en revanche par son indéniable présence scénique. La soprano russe Ekaterina Lekhina, qui a tendance à chanter bas, est une pâle Olympia, vocalement parlant, mais rarement le personnage nous aura paru à ce point effrayant. De son côté, la délicieuse soprano française Gabrielle Philiponet se révèle – avec son timbre chaud et sa musicalité parfaite – une superbe Antonia. Dommage que le tempo choisi pour « Elle a fui la tourterelle » transforme cette magnifique page en une plainte digne de Maria Stuarda. Remplaçant Franco Pomponi initialement annoncé, le baryton italien Simone Alberghini s'impose sans peine dans les quatre rôles « noirs », en excellent comédien et en chanteur stylé qu'il est. Dans le reste de la distribution, le meilleur (l'excellent Spalanzani de Carl Ghazarossian) côtoie le pire (la Giuletta inexistante, tant vocalement que scéniquement, de Bénédicte Roussenq).

La direction d'Emmanuel Plasson est certes précise mais s'avère beaucoup trop lente, ce qui n'aide guère les chanteurs, comme nous l'avons déjà souligné, et fait se terminer la soirée 3h40 après que celle-ci ait débuté ! Nous avons d'ailleurs vu un certain nombre de spectateurs abandonner la partie après le second entracte...

Emmanuel Andrieu

Les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach à l'Opéra de Toulon

Crédit photographique © Frédéric Stephan

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