Nicandro e Fileno - Nicandro e Fileno

Informations Description
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Xl_avatar © Nicandro e Fileno

Informations générales

  • Compositeur:Paolo Lorenzani
  • Librettiste:Paolo Lorenzani
  • Date de création:09/1681
  • Lieu de création:France
  • Maison d'opéra de la production originale:Théâtre Royal de Fontainebleau

Description de l'Œuvre

Description

Créé château de Fontainebleau en septembre 1681 devant Louis XIV, Nicandro e Fileno appartient à ces œuvres rares qui éclairent d’une lumière singulière les fastes musicaux de la cour du Grand Siècle. Composé par Paolo Lorenzani sur un livret de Philippe-Julien Mancini, duc de Nevers, cet opéra-pastorale baroque se situe au croisement de deux mondes, l’élégance française et la virtuosité italienne, témoignant du dialogue entre cette double tradition à la cour de France, dans un contexte dominé par l’influence de Lully. L’ouvrage porte en lui le charme d’un art de cour encore en quête d’équilibre entre la déclamation, le chant et le théâtre.

L’intérêt de Nicandro e Fileno ne tient pas uniquement à son sujet. L’œuvre est aussi un précieux témoignage sur la vie musicale de la cour de Louis XIV. Présenté dans la Galerie des Cerfs du château de Fontainebleau, l’opéra y fut donné complété d’intermèdes, prologue et épilogue joués par des comédiens français et italiens, dans un esprit de spectacle total où l’opéra se mêlait à la comédie et à l’improvisation, représentatif des pratiques de cour sous Louis XIV. La représentation fut un succès, attesté par les sources contemporaines, malgré l’hostilité de Lully, jaloux du prestige que Paolo Lorenzani gagnait auprès du roi.

La musique de Paolo Lorenzani révèle un compositeur attentif aux couleurs et aux affects. Tantôt ample et solennelle, tantôt plus intime et souple, elle sait épouser les inflexions du texte et faire respirer la scène. La partition, aujourd’hui conservée dans un manuscrit autographe unique à la Bibliothèque nationale de France, témoigne d’un art encore proche de l’atelier, où l’invention semble se faire au plus près du geste dramatique : Lorenzani écrit pour un orchestre à cinq parties « à la française », mais réduit parfois l’effectif à une texture plus italienne, avec seulement deux dessus de violon et basse continue. Certaines pages, notamment la scène du sommeil de l’acte II, laissent aussi entrevoir une délicatesse instrumentale remarquable, où apparaissent deux flûtes et une basse de viole, comme si la musique cherchait ici moins à briller qu’à envelopper l’action d’une lumière changeante.

Rarement donné sur scène, Nicandro e Fileno affiche aujourd’hui une valeur presque documentaire, éclairant la carrière de Paolo Lorenzani à la cour de France, les rivalités musicales de l’époque, et les conditions d’alors de création d’un opéra baroque à la fin du XVIIe siècle. L’ouvrage n’a pas la célébrité des grands opéras de Lully, mais possède ce pouvoir rare des partitions oubliées : celui de faire entendre, à travers une pastorale galante, tout un monde de raffinements de cour et d’aspirations esthétiques. L’œuvre illustre ce moment où l’opéra, encore jeune en France, se cherchait entre deux traditions, et où la musique devenait, pour un instant, une forme même de grâce et de fête, révélatrice des goûts de Louis XIV et des formes spectaculaires expérimentées à la cour.

Résumé de Nicandro e Fileno de Paolo Lorenzani

L’intrigue, d’apparence légère, déploie les jeux changeants de l’amour pastoral. Deux vieillards, Nicandro et Fileno, rêvent d’assurer leur bonheur tardif en mariant leurs filles selon leurs propres desseins. Pour autant, Filli et Clori, loin de se soumettre docilement à la volonté paternelle, suivent l’élan de leur cœur et se laissent séduire par Lidio, berger inconstant, frivole et volage. De son côté, Eurillo se meurt d’amour pour Filli et crie vengeance contre Lidio qui lui dérobe celle pour laquelle il nourrit des sentiments. Autour d’eux gravitent les passions contrariées, les jalousies, les promesses trompeuses et les revirements du désir.

À la fin, l’ordre amoureux se recompose dans une résolution à la fois tendre et ironique : Lidio accepte les vertus du mariage et convole avec Filli, tandis qu’Eurillo et Clori se marient pour se venger des infidélités de leurs deux amis, comme si la pastorale elle-même rappelait que l’amour, chez les bergers comme chez les puissants, obéit rarement à la raison.

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