La ville invisible de Kitège et de la...

Informations Description
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Informations générales

  • Compositeur :Nikolaï Rimski-Korsakov
  • Librettiste :Vladamir Belski
  • Année de création :2015
  • Lieu de création :Russie, fédération de
  • Nombre d'acte :4
  • Langue originale :Russe
  • Maison d'opéra de la production originale :Mariinsky Theatre

Description de l'Œuvre

Description Acte 1 Acte 2 Acte 3 Acte 4

Avant-dernier des quinze opéras de Rimski-Korsakov (1844-1908), Kitège peut être considéré comme son chef-d’œuvre. Membre du fameux « Groupe des Cinq » aux côtés de Balakirev, Borodine, Cui et Moussorgski, le musicien passionné par le Moyen Age signe-là l’un des ouvrages les plus représentatifs de tout le répertoire russe. Reflet de l’imaginaire national, Kitège s’impose aussi bien par la richesse de son invention musicale que par les flamboyantes couleurs de l’épopée médiévale, rehaussées par les mystérieuses résonnances du mysticisme orthodoxe.
Réunissant deux légendes du XIIIème siècle, Kitège relate l’histoire de Févronia, jeune fille innocente et pure qui, par la ferveur de ses prières, sauve la ville de Kitège et ses habitants de l’invasion tatare. La ville disparaît pour se transfigurer dans l’au-delà, ne laissant de son passage terrestre qu’un reflet à la surface d’un lac.
Vladimir Bielski, historien spécialiste du Moyen Age qui avait déjà collaboré au livret de Sadko (1898), rédige celui de Kitège dans un russe stylisé, utilisant des archaïsmes typiques de la littérature ancienne et du slavon de l’Eglise orthodoxe. L’héroïne réalise un idéal d’amour universel en communion avec la nature, qui rappelle celui que professait Léon Tolstoï à la même époque. Févronia appartient à l’univers tolstoïen aussi bien par son refus de résister au mal en lui opposant la violence que par sa recherche d’une pureté originelle, proche de l’enfance.

On a souvent comparé Kitège, écrit sur un vaste système de « leitmotive », à Parsifal (1882), le dernier opéra de Wagner. Il est certain que la musique de Rimski-Korsakov obéit aux principes du style « durchkomponiert » et que des éléments wagnériens parsèment l’intrigue : cloches marquant l’entrée dans la ville invisible, chant d’un oiseau-prophète, murmures de la forêt. Comme souvent dans les opéras russes, les chœurs tiennent une large place dans Kitège, qui remporta un immense succès lors de sa création et fut ensuite donné dans le monde entier. Cet ouvrage marqua fortement son époque et la première représentation constitua en Russie un événement culturel de la plus grande importance. Les contemporains comparèrent l’impact et le rayonnement de Kitège à celui des grands romans de Tolstoï.

Résumé

Au cours d’une chasse le prince de Kitège, Vsévolod, s’égare dans la forêt. Il rencontre Févronia, une humble et pieuse jeune fille qui vit en communion avec la nature. Charmé par la simplicité et la pureté de Févronia, le prince Vsévolod décide d’en faire son épouse. Mais une horde de Tatares se lance à l’assaut de Kitège. Les prières de Févronia parviendront à sauver la ville et ses habitants. Kitège disparaîtra miraculeusement en ne laissant que son reflet à la surface d’un lac.

Acte 1

Dans la forêt proche du Petit Kitège vit la vierge Févronia au milieu des oiseaux et des animaux qui l’approchent sans crainte. Arrive le Prince Vsévolod qui s’est perdu et vient d’être blessé par un ours au cours d’une chasse. Le jeune homme est émerveillé par celle qu’il compare à un « séraphin lumineux ». Févronia l’accueille avec simplicité et soigne sa blessure. Elle répond aux questions de Vsévolod qui s’étonne de la voir vivre ainsi, si heureuse malgré sa solitude. Fevronia lui explique qu’elle vit dans l’émerveillement de Dieu présent dans toute la nature, ajoutant que « tout être que l’on rencontre est envoyé par Dieu ». Définitivement conquis, Vsévolod lui propose de devenir sa femme. En voyant venir la suite du prince, Févronia découvre qu’il est le prince héritier de Kitège.

Acte 2

Dans le Petit Kitège, la ville du peuple, on se rassemble joyeusement pour accueillir le cortège qui accompagne Févronia, la future épouse du prince. Mais l’inquiétude succède à la liesse quand un barde chante une ballade qui prédit de grands malheurs pour la ville. Les notables pensent que c’est le châtiment qui suivra la mésalliance que constitue le mariage de leur prince avec une inconnue. Ils soudoient un ivrogne méprisable, Grichka Koutierma, afin qu’il accueille Févronia en l’insultant. Cependant le peuple reste bienveillant à l’égard de Févronia qui répond avec bonté aux paroles haineuses de Grichka. L’ivrogne est repoussé et la fête commence. Ce moment heureux est brutalement interrompu par l’arrivée d’une horde de tatares qui envahit la ville et massacre ses habitants. Févronia est faite prisonnière et Grichka, menacé de torture, trahit en acceptant de conduire les Tatares vers le Grand Kitège où se trouvent le palais du Prince et « quarante églises pleines d’or et d’argent ». Févronia prie pour que Dieu sauve le Grand Kitège en rendant la ville invisible.

Acte 3

La nuit est tombée. Dans le Grand Kitège, le Prince Youri et son fils, le Prince héritier Vsévolod, se tiennent au milieu de leurs hommes en armes. Arrive alors l’écuyer de Vsévolod auquel les Tatares ont crevé les yeux. Le malheureux vient annoncer le massacre des habitants du Petit Kitège. Et bientôt arrive la horde des envahisseurs. On s’agenouille pour prier en demandant à la Sainte Vierge que la ville soit « recouverte d’un voile » pour échapper à la destruction. Vsévolod décide de livrer un dernier combat en allant à la rencontre des Tatares. Il quitte la ville avec ses troupes. Un brouillard doré enveloppe miraculeusement le Grand Kitège.

Pendant ce temps, Grichka a conduit les Tatares au bord du Lac Svetloïar d’où l’on doit voir Kitège. Mais la nuit et le brouillard empêchent de distinguer quoi que ce soit. Assailli par le remords, Grichka entend désormais résonner constamment dans sa tête les cloches de Kitège. Il confie ses tourments à Févronia qui pleure la mort de Vsévolod, tué au combat. La jeune fille pardonne tous ses méfaits à Grichka et accepte même de le libérer de l’arbre auquel l’ont attaché les Tatares devenus méfiants à l’égard de l’ivrogne. Le jour se lève mais la ville de Kitège demeure toujours invisible, bien qu’on entende les cloches de ses églises sonner à toute volée. On voit le reflet de la cité dans les eaux du lac. Les Tatares, épouvantés par ce miracle, prennent la fuite.

Acte 4

Févronia et Grichka se sont réfugiés dans la forêt. Hanté par le remords, le pauvre homme est devenu fou. Il s’enfuit au fond des bois, torturé par des visions diaboliques. Févronia, restée seule, se sent envahie par un étrange bien-être. Elle entend le chant d’Alkonost, Oiseau du paradis, qui selon la tradition vient annoncer aux justes l’heure de leur mort. Apparaît alors le spectre lumineux du prince Vsévolod qui lui révèle qu’ils sont promis à une existence éternelle. Le jeune homme la conduit vers la ville de Kitège.

Guidés par Alkonost et Sirine, les deux oiseaux miraculeux, Févronia et Vsévolod, font leur entrée dans la ville transfigurée. Kitège est devenue une cité céleste où le peuple, vêtu de blanc, s’apprête à célébrer les noces des deux jeunes gens. Févronia a une pensée pour le malheureux Grichka voué à la misère et à la folie. On lui portera un message de consolation qui lui confirmera que Kitège a survécu et que ses habitants y vivent dans la béatitude. Car il faut qu’il sache que les colonnes de feu qu’il apercevra dans la nuit et qu’il prendra pour des éclairs, sont en réalité la matérialisation de « la prière des justes qui s’élève ».

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