Le Château de Barbe-Bleue - A kékszak...

Informations Description
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Informations générales

  • Compositeur :Béla Bartók
  • Librettiste :Béla Balázs
  • Année de création :1918
  • Lieu de création :Hongrie
  • Nombre d'acte :1
  • Langue originale :Hongrois
  • Maison d'opéra de la production originale :Magyar Állami Operaház / Hungarian State Opera

Description de l'Œuvre

Description Acte 1

Le Château de Barbe-Bleue est le seul opéra que composa Béla Bartok qui ne consacra qu’une part restreinte de son œuvre à la musique vocale. Le compositeur fut d’emblée séduit par le livret écrit par le célèbre poète, dramaturge et cinéaste Béla Balazs qui avait aussi proposé son texte à Zoltan Kodaly. Comme Maurice Maeterlinck pour Ariane et Barbe-Bleue (1907) de Paul Dukas, le librettiste hongrois a tout misé sur la portée symbolique du conte. Enthousiasmé par cette réécriture du récit de Perrault transformé en un drame existentiel très sombre, Bartok achève sa partition en six mois. Pour cette métaphore de la solitude radicale mise en perspective à travers la difficulté du rapport amoureux entre homme et femme, Bartok compose une musique d’une efficacité et d’une puissance aussi surprenantes que troublantes. La forme qu’il a choisie est en rupture totale avec l’opéra de ses prédécesseurs : un acte unique pour une action condensée en à peine une heure de musique. Devant l’étonnante audace de l’écriture orchestrale qui se déploie en dehors des contraintes mélodiques et harmoniques habituelles, le Comité des beaux-arts chargé de promouvoir la langue hongroise dans l’opéra, rejette la partition de Bartok, jugée « impossible à exécuter ». De son côté, la Direction de l’Opéra de Budapest attend plusieurs années pour revenir sur un premier refus. Après ces débuts difficiles Le Château de Barbe-Bleue s’impose comme une des œuvres lyriques majeures du XXème siècle grâce à des chefs d’orchestre comme Ferenc Fricsay, Karl Böhm ou Janos Ferencsik. Bartok est sensible à l’influence de l’écriture vocale du Pelléas et Mélisande (1902) de Debussy même si le chant laisse percevoir la prédilection du compositeur hongrois pour la musique populaire de son pays.  Mais au-delà de ces réminiscences Le Château de Barbe-Bleue impressionne durablement par la grande efficacité de sa dramaturgie amplifiée et par une formidable imagination sonore. Sans action à proprement parler, le drame se déroule dans une atmosphère de mystère et d’appréhension rythmée par un cheminement oppressant de porte en porte, chacune ouvrant sur un univers musical puissamment évocateur. 

Résumé

Une curiosité morbide pousse la jeune Judith à vouloir ouvrir les sept portes fermées qu’elle découvre dans une grande salle du château de son mystérieux époux Barbe-Bleue. Elle les ouvrira toutes malgré les supplications de celui qui restera seul, dans une obscurité désespérante, après la disparition de Judith sur laquelle va se refermer la dernière porte.

Acte 1

Dans une grande salle ronde de style gothique se trouvent sept portes. Le Barde, rôle parlé, annonce un conte qui nous apprend que: «  la joie est brève, tout n’est que rêve ; on aime, on souffre et le destin se rit de nous, frappe soudain… ». Apparaissent le Duc Barbe-Bleue et Judith, sa jeune épouse qui le suit dans son château après avoir tout quitté pour lui. Elle s’effraie de l’obscurité qui règne en ce lieu et promet d’en dissiper « l’ombre accablante » en répandant la joie et la lumière. Mais sept portes closes retiennent soudain son attention et malgré l’avertissement de son époux, elle veut les ouvrir pour faire pénétrer la lumière. Vont s’ouvrir successivement la chambre des tortures, la salle d’armes, la salle du trésor, le jardin secret de Barbe-Bleue, puis son vaste domaine. La sixième porte dissimule un lac de larmes et la dernière laisse apparaître les épouses précédentes, vivantes, se présentant majestueusement,  couronnées et parées de bijoux. Barbe-Bleue remet alors à Judith un lourd manteau, une couronne et des bijoux.  La jeune femme disparaît à son tour par la septième porte qui se referme sur elle laissant de nouveau le Duc à son invincible solitude.  

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