Le point de vue d’Alain Duault : Singin' in the rain au Lido, une pluie de bonheur !

Xl_singin_in_the_rain_2026_alain_duault © Singin' in the Rain, Lido 2 Paris

Le film de Stanley Donen avec Gene Kelly a été en 1952 un shoot de vitamines qui faisait du bien dans cette après-guerre qui se relevait et voulait à nouveau croire au bonheur. Notre époque est plutôt dans une autre spirale, dépressive au contraire – et c’est là que l’irruption de ce spectacle amphétaminé tombe à pic.

Peu d’hommes de spectacle ne savent autant sentir l’air du temps que Jean-Luc Choplin, le directeur de ce Lido new-look dont il a su faire le nouveau temple de la comédie musicale à Paris : car c’est vraiment de cela dont nous avons besoin, du rythme, des couleurs, de l’humour, des claquettes, de la mélodie, des sourires… et une histoire qui recoupe l’Histoire du cinéma. On est à la fin du muet, les stars qui ont appris à s’exprimer par des gestes exagérés, des mimiques enamourées, des poses convenues, vont devoir affronter un nouveau défi : la parole. Il y a ceux qui s’en accommodent, comme le jeune premier Don Lockwood (Ashley Day dans la nouvelle production du Lido)… et il y a une diva de celluloid, Lina Lamont (Natasha O'Brien), confrontée à sa voix aigrelette et ridicule, sans rapport avec les personnages passionnés qu’elle interprète ! Lui est un vrai séducteur, elle est une vraie chipie – mais il y a aussi une jeune comédienne, Kathy Selden (Maddie Waller), à la voix soyeuse et expressive… dont le charme opère sur Don Lockwood.

Singin' in the rain, Lido 2 Paris © Maria-Helena Buckley
Singin' in the rain, Lido 2 Paris © Maria-Helena Buckley

Tous les ingrédients sont réunis mais il faut les agencer, les dynamiser – et là, Robert Carsen se montre une fois de plus un formidable créateur d’images, réinventeur d’un rythme théâtral fluide, avec ses codes qui ne cherchent pas à mimer le film, jusqu’à la scène évidemment très attendue, portée par la mélodie-titre, Singin’ in the Rain, cette « chanson sous la pluie » qui fait tomber dru une averse éclaboussante (en particulier pour les spectateurs du premier rang !) dont Don Lockwood sort effectivement trempé… mais qui inonde les spectateurs de bonheur !

Toute la troupe est survoltée, tout le monde y chante et danse avec une gourmandise contagieuse, les enchainements visuels sont magiques, l’orchestre est épatant de swing, les solistes sont toutes et tous éblouissants de timbre, d’expression, de drôlerie et de tendresse. Et le Finale, sous la pluie of course mais en cirés et bottes jaunes et avec une symphonie de parapluies multicolores, donne envie de crier bis et de recommencer au début. Une réussite absolue !

Alain Duault
Paris, octobre 2026

Singin in the rain, au Théâtre du Lido de Paris du 27 septembre 2026 au 10 janvier 2027

| Imprimer

En savoir plus

Commentaires

Loading