Les Lauréats du 2eme Concours international de chant de Marseille

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Du 4 au 9 juin se tenait le Concours International de chant de Marseille qui a vu pas moins de 140 candidats inscrits pour cette seconde édition (nous avions assisté à la première) qui se déroulait entre l’Odéon et l’Opéra. Créé l'an passé dans le but de promouvoir les jeunes artistes lyriques qui aspirent à devenir les "artistes de demain", ce concours met aussi en avant l'opéra et l'opérette français puisque le réglement stipule que "à l’issue de la finale, tous les candidat(e)s finalistes devront avoir interprété au moins un air en français".

En effet, les épreuves éliminatoires se sont tenues les 4 et 5 juin à l’Odéon, de même que la demi-finale du 6 juin. Sur les 140 candidatures, 129 ont été sélectionnées pour les deux catégories du concours, à savoir l’opéra et l’opérette. On constate alors que les sopranos étaient, sans grande surprise, les plus représentées avec 78 participantes, suivies par les mezzo-sopranos avec seulement 23 participantes. Douze ténors et treize barytons étaient également présents, ainsi que deux contre-ténors et une basse. Vingt-deux nationalités étaient ainsi réunies, bien que la France ait été tout de même majoritaire.

La finale se tenait pour sa part le samedi 9 juin à l’Opéra de Marseille devant un jury présidé par Raymond Duffaut et comptant des personnalités issues de différents horizons du milieu lyrique : le directeur général de l’Opéra de Marseille et de l’Odéon, Maurice Xiberras, bien sûr, mais aussi Renée Auphan, qui mettra en scène notamment La Traviata ici-même la saison prochaine, Monella Cerri (agent artistique), Valérie Chevalier (la directrice générale de l’Opéra de Montpellier), Philippe Mestre (directeur musical des Nuits Lyriques de Marmande), Alain Nonat (directeur général et artistique du Théâtre Lyrichorégra 20), et enfin Bertrand Schaaff (le directeur de production du Théâtre des Champs-Elysées).


Concours international de chant de Marseille ; © Christian DRESSE

Face à cet impressionnant jury, les finalistes étaient accompagnés par l’Orchestre Philharmonique de Marseille sous la direction de Lawrence FosterQuelques jours seulement après la première d'Ernani, la phalange phocéenne a encore brillé de mille feux, d'autant que l'exercice qui consiste à passer d'un air à l'autre dans des répertoires très différents les uns des autres s'avère particulièrement difficile. Pour cette épreuve, les candidats encore en lice devaient "exécuter deux morceaux choisis par le jury parmi les trois" qu'ils avaient proposés, sachant que chacun de ces morceaux ne devait pas dépasser les six à huit minutes. A l'issue de la soirée, présentée par Sébastien Herbecq, sept prix ont été remis :

Le Grand Prix (d'une valeur de 5000 euros) a été attribué à la soprano allemande Felicitas Frische, qui retient en effet particulièrement l'attention par ses aigus lumineux, qu'elle distille d'abord dans l'air de Donna Anna "Non mi dir" (Don Giovanni) puis le fameux air de Mimi "Si mi chiamo Mimi" (La Bohème).

Le Premier Prix (d'une valeur de 2000 euros) est remporté par la mezzo française Anne-Sophie Vincent, au beau tempérament scénique et à la voix techniquement très sûre, comme on peut notamment le relever après son air de Rosine, "Una Voce poco fa", tiré du Barbier de Séville de Rossini. Le Second Prix (doté de 1000 euros) revient au jeune ténor français Kaelig Boche, qui émeut tour à tour dans l'air de Pylade "Unis dès la plus tendre enfance" tiré d'Iphigénie en Tauride de Gluck, puis dans le sublime "Kuda, Kuda" extrait d'Eugène Onéguine de Tchaïkovski. Avouons au lecteur que nous lui aurions, à titre personnel, délivré le Grand Prix, tant son timbre est beau et son art de la demi-teinte déjà accompli. 

La soprano française Tamara Bounazou a, quant à elle, remporté celui du Jeune Espoir CFPL (d’une valeur de 1000 euros), après avoir pris beaucoup de risque dans le très difficile "Ach ich Liebte" extrait de L'Enlèvement au sérail" de Mozart (certains aigus s'en ressentent, mais l'artiste était indisposée par ailleurs ce soir-là...), et un renversant "Glitter and be gay" tiré du Candide de Bernstein, qu'elle ne se contente pas de chanter avec toute la pyrotechnie requise, mais qu'elle joue aussi... en se trémoussant comme une diablesse !

La soprano biélorusse Maria Chabounia a reçu le Prix de la Meilleure interprétation française (1500 euros) grâce à son excellente diction, en effet, dans l'air de Micaëla "Je dis que rien ne m'épouvante" (Carmen), mais elle n'en reste pas là en raflant aussi le Prix du Public (1500 euros également), qu'elle a conquit avec sa superbe interprétation du "Chant à la lune' tiré de la Rusalka de Dvorak, délivré avec une incroyable ardeur et des aigus rayonnants. Enfin, la Mention spéciale du jury est décernée à la mezzo-soprano indienne Ramya Roy pour son interprétation de l'air final de "La cenenentola" de Rossini, "Nacqui alllafanno", qu'elle exécute avec sa belle voix corsée et agile à la fois.

Gageons qu'on reverra tous ces jeunes et talentueux artistes sur les grandes scènes lyriques au cours des prochaines années !

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